Le studio français Mudita Games nous propose avec BARDA : Backpack Roguelike une expérience atypique. Le titre, encore en accès anticipé, mêle roguelike, survie et gestion d’inventaire. Oubliez les combats spectaculaires, ici votre meilleure arme c’est votre sac à dos !
Vous incarnez un aventurier lancé dans une ascension périlleuse vers le sommet d’une montagne afin de disperser les cendres de son grand-père. Une quête à la fois intime et symbolique servi par des graphismes enchanteurs, dignes de tableaux à l’aquarelle. Avec ses visuels en 2D colorés et son style dessiné à la main, BARDA dégage une atmosphère douce et chaleureuse, presque apaisante. Cette direction artistique contraste fortement avec la difficulté du jeu, qui peut se révéler particulièrement relevée. La bande-son et le rythme global participent à cette ambiance contemplative. Ce mélange entre la douceur des graphismes et la tension induite par le gameplay constitue l’un des charmes les plus marquants du jeu. Le principal point fort de BARDA réside sans conteste dans ses mécaniques de jeu qui placent l’usage de nos objets et la gestion de notre inventaire au cœur de l’expérience. La place dans notre sac à dos est limitée, nous obligeant à faire des choix cornéliens. Chaque objet compte, chaque emplacement a de l’importance et chaque décision peut faire la différence entre la survie et l’échec. Au cours de votre périple vous serez confrontez à différents types de défis. Parfois il s’agira d’escalade, d’éclairer le chemin, de creuser le sol ou de combattre. En vous aidant de l’objet approprié vous pourrez en venir à bout plus facilement et éviter les malus reçus en cas d’échec.
Mais l’usage de certains objets vous fatigue et il faut garder à l’œil leur durabilité. Le jeu propose une bonne variété d’interactions et d’objets, certains pouvant servir à plusieurs usages. Il faudra vous servir intelligemment de toutes vos ressources pour éviter les pénalités : faim, fatigue, peur, blessure, folie. Les objets peuvent recevoir des malus en fonction des biomes visités. En passant par un biome de lave certains risquent de brûler et finiront en cendres en arrivant au prochain tableau. Ou alors, ils termineront gelés dans un biome de glace, ce qui affectera grandement leur durabilité. Bien faire le tri dans vos objets et ménager la place dans votre sac à dos sera crucial. Si vous souffrez de la faim vous verrez votre estomac se matérialiser à l’intérieur de votre sac à dos et grandir pour prendre de plus en plus de place. Si vous êtes fatigué, vous recevrez des pénalités sur vos objets qui prendront également plus de place. La peur vous empêchera d’en utiliser certains. Il faut donc en jongler permanence avec vos ressources pour éviter les malus en fonction des priorités, tout en ménageant la place disponible. Cette idée brillante transforme la gestion en véritable casse-tête dynamique, où l’ordre peut rapidement laisser place au chaos. Chaque ascension est différente grâce à une génération procédurale des parcours, des objets et des événements.
Une ascension périlleuse
Il faut donc sans cesse s’adapter, faire des choix parfois douloureux et accepter l’échec pour mieux progresser lors des tentatives suivantes. Entre les runs, le camp de base permet d’améliorer son personnage et d’obtenir des bonus permanents, ajoutant une dimension de progression classique mais efficace. Cependant, le jeu étant encore en accès anticipé, certains défauts sont bien présents. Déjà il faut savoir que BARDA ne propose aucun didacticiel, simplement des tooltips et des conseils. Le titre n’est pas non plus toujours très lisible, il est facile de rater des butins sur certains tableaux tant ils se fondent dans le décor. Ceci peut être vu comme un apprentissage à la dure, reflétant la difficulté de notre mission, ou une lacune en termes d’ergonomie… à vous de voir. On regrette aussi que le jeu ne pousse pas davantage l’aspect narratif, en nous faisant par exemple rencontrer des personnages, et pourquoi pas nouer des amitiés. Mais le plus grand défaut du titre tient en un point tout simple : l’impossibilité de sauvegarder notre voyage. Vous devrez tout faire d’une traite sous peine de devoir recommencer depuis le début. Sachez également que BARDA se joue à la manette ou avec le combo clavier-souris. En ce qui nous concerne, c’est la première option qui nous a le plus convaincu.
BARDA : Backpack Roguelike est une belle surprise qui parvient à renouveler l’expérience roguelike grâce à une idée simple mais brillamment exploitée. Son système de gestion de sac à dos, aussi malin que stressant, offre une expérience unique où chaque décision compte. Le tout est renforcé par une bonne panoplie d’objets à utiliser. Le jeu possède déjà des bases solides et un fort potentiel, mais son statut d’accès anticipé se ressent encore à plusieurs niveaux. La prise en main est parfois laborieuse, faute de vrai didacticiel, et l’impossibilité de sauvegarder ses progrès se révèle vite frustrante. Nous espérons que l’équipe de développement corrigera ces défauts pour permettre au plus grand nombre d’apprécier l’aventure.
+ Des graphismes charmants
+ Gameplay original
+ S’adapter aux différents biomes
+ Beaucoup d’objets et d’interactions
+ Améliorer son personnage entre chaque run