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"Le dernier titre de Suda 51 ne fait pas dans la demi-mesure et n'est clairement pas destiné à tous les publics. C'est un peu quitte ou double, soit on accroche complètement, soit on déteste !"
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Killer is Dead

Grasshopper Manufacture revient avec un nouveau “beat them all” complètement barré signé Suda51 ! Après un mitigé “Lollipop Chainsaw”, fun mais loin d'être inoubliable, le studio nous sert aujourd'hui un étrange cocktail, sombre, onirique et sexy.

Suda51 est un amoureux des univers déjantés et ce n'est pas sa dernière création qui nous prouvera le contraire ! Killer is Dead nous met aux commandes de Mondo Zappa, tueur à gage immortel venant de la lune et dragueur invétéré. Si on ajoute à ça son bras cybernétique, son amnésie et son obsession pour les œufs, il est clair qu'on nage en plein délire qui flirte souvent avec la parodie. Mondo ne se prive pas d'ailleurs pour rappeler à plusieurs reprises qu'il est dans un jeu vidéo. Pour résumer, notre tueur à gage travaille pour une organisation gouvernementale dirigée par Bryan Roses, véritable armoire à glace, toujours en train de fumer le cigare et dont la moitié du corps est mécanisée. Mondo est mandaté pour remplir des contrats et tuer des monstres (les Wires) à travers le monde, accompagné de son assistante Mika Takekawa, jeune fille survoltée mais très maladroite, parfait exemple de personnage Dojikko cher à la japanimation. Pour compléter le tableau, nous avons aussi droit à une sacrée femme fatale en la personne de Vivienne Squall. Cette sculpturale blonde, aussi belle que dangereuse, peut se faire pousser une vingtaine de bras pour clouer ses ennemis sur place sous un déluge de balles. Comme vous le voyez, les principaux protagonistes ne manquent pas de style, dommage que leur passé ne soit presque pas abordé. La faute à une narration mélangeant les situations improbables sans approfondir ses personnages, les résumant à de simples archétypes. L'histoire, en elle-même, est très nébuleuse, parfois drôle, parfois sombre, parfois poétique. Ceux qui connaissent le studio Grasshopper Manufacture (Killer 7, No More Heroes, Shadows of the Damned, Project Zero) s'y retrouveront, mais les autres risquent fort d'être laissés sur le carreau. Car, au final, une fois l'aventure terminée, difficile de comprendre le fin mot de l'histoire de cet imbroglio vidéoludique. S'ajoute à cela un autre problème gênant : le manque de rythme de la narration. Trop souvent, le titre casse l'enthousiasme du joueur prêt à en découdre en allongeant inutilement certaines scènes ! Heureusement, Killer is Dead peut compter sur l'excellente direction artistique du studio pour nous entraîner dans son univers et faire passer la pilule, malgré les longueurs. L'esthétique clinquante tout en cell shading accroche immédiatement l'œil ! Grâce à cette patte artistique, on oublie rapidement certaines textures baveuses, les environnements trop vides (mais très variés) et les bugs qui parsèment le jeu. Techniquement, le titre accuse en effet pas mal de défauts, à commencer par une caméra mal gérée.

Patience petit scarabée !

Penchons-nous maintenant sur le gameplay, qui ne vous révélera ses atouts qu'après de nombreuses heures de jeu. Au combat, Mondo utilise son katana, Gekkou, pour trancher les Wires passant à proximité. Concrètement, il dispose d'une attaque de base, d'un casse-garde, d'une parade, d'une esquive et d'un contre. Avec son bras cybernétique, Musselback, il peut aussi se la jouer Cobra et dégommer les Wires de loin. Précisons que notre héros ne peut pas sauter, ce qui ne facilite pas la tâche quand on doit se débarrasser d'ennemis volants. Il va donc falloir vous accrocher, les Wires ne vous laisseront pas de répit. Vous en découvrirez régulièrement de nouveaux types au fil de l'aventure, le bestiaire étant plutôt conséquent (petit agile, gros costaud, soldat en armure, drone de combat, œil explosif, etc). En plus de cette variété bienvenue, il est fort appréciable de constater que le mind game est bien présent ! En effet, les ennemis peuvent se gêner entre eux. Il n'est donc pas rare de voir un gros balèze percuter d'autres Wires par mégarde parce que vous l'avez esquivé au bon moment. Vous pourrez alors profiter de cette ouverture pour faire le ménage à grands coups de katana. Terriblement jouissif ! Quant aux boss, ils bénéficient d'un style propre très réussi, mais avouons que nous sommes loin du génie de No More Heroes. Les débuts sont assez laborieux, en partie à cause du manque de mobilité de Mondo et de son incapacité à verrouiller une cible. Mais, surtout, en raison d'une caméra trop souvent mal placée. On peut aussi regretter l'absence de mini map ou de radar. Heureusement, la « Mondo Vision » rattrape cela en mettant en évidence les points d'intérêt, comme les caisses à détruire. C'est seulement après avoir acheté les principales améliorations et débloqué les différentes options de Musselback (tir de glace, foreuse, mega canon) que le gameplay deviendra vraiment intéressant. Il va donc falloir vous armer de patience et éliminer un maximum d'ennemis pour récupérer les précieux cristaux jaunes indispensables à leur achat. Il y en a une quinzaine (nouveaux mouvements, pouvoirs spéciaux, améliorations de Musselback, etc.), certaines coûtent très cher et possèdent même plusieurs niveaux. En attaquant les Wires, sans vous faire toucher, vous augmenterez la puissance de Gekkou pour finalement déclencher un des 4 finish moves. En plus d'avoir la classe, ces exécutions rapportent un petit bonus. Comme de la vie ou du sang, l'énergie servant aux actions spéciales. Symbolisé par des roses, ce sang vous permettra de ralentir le temps durant vos esquives, de profiter pleinement de la puissance de Musselback, de régénérer votre vie et d'éliminer vos ennemis en un seul coup. Une fois le gamplay apprivoisé, le jeu n'est pas trop difficile, notamment grâce à la solide garde de Mondo. Et, en cas de game over, vous pourrez faire appel à Mika pour vous ramener à la vie, en échange d'un de ses tickets de secours. Mais ne croyez pas utiliser ce continu comme dans n'importe quel autre jeu ! Non, ici vous devrez marteler un bouton pour que Mika relance le cœur de notre héros !

Tueur en mal d'amour

N'oublions pas les phases de drague, qui ne servent à rien d'un point de vue scénaristique mais sont cruciales pour le gameplay. En effet, c'est en les réussissant que vous obtiendrez les tirs secondaires de Musselback. Seulement voilà, à part ajouter un aspect racoleur au titre, ces rendez-vous galants ne présentent aucun intérêt et se révèlent terriblement creux. Ne vous attendez pas à discuter avec ces demoiselles pour apprendre à les connaître et découvrir ce qui les séduira. Pas de dialogue à choix multiples, quasiment pas d'interaction, le gameplay de ces phases est des plus basiques : Regardez la belle dans les yeux quand elle vous regarde et reluquez-la dès qu'elle détourne son attention. Ainsi, votre jauge d'audace augmentera et lorsqu'elle sera pleine vous pourrez lui offrir un cadeau pour conquérir son cœur. Mais attention, si elle vous surprend à observer ses courbes de trop près vous perdrez sa confiance et elle finira par mettre fin au rendez-vous. Légère subtilité : grâce aux « lunettes gigolo » vous pourrez voir la demoiselle en sous vêtements, ce qui augmentera plus rapidement votre jauge d'audace. En la regardant dans les yeux, vous saurez également quel cadeau lui fera vraiment plaisir. Hormis ces phases annexes peu palpitantes, vous trouverez des missions bonus déjà plus intéressantes, ainsi que des défis proposés par Scarlett. Si vous parvenez à trouver cette charmante infirmière cachée dans tous les niveaux du jeu, elle vous récompensera en vous donnant accès à de nouveaux challenges. Assez corsés, ils vous permettront de peaufiner vos techniques et de mieux maîtriser les subtilités du gameplay. Vous pourrez dépenser l'argent de vos missions à la boutique pour acheter des cadeaux à vos belles, mais aussi des bonus, des tickets de Mika, et de nouvelles tenues. Grâce à sa bonne replay value, Killer is Dead profite d'une solide durée de vie. Il vous faudra vraiment retourner le jeu si vous voulez débloquer tous les coups et acheter tous les objets. Une chose suffisamment rare de nos jours pour être très appréciable.

Geek4Life
Graphismes : 17/20

Vous allez en prendre plein vos mirettes si vous aimez le cell shading sombre et bien léché ! Pour le plaisir des yeux le récit s'agrémente même de passages au style proche d'une BD. Un vrai régal !

Gameplay & prise en main : 14/20

Killer is Dead n'est pas très abordable. Ce n'est qu'au bout de plusieurs heures de jeu que le gameplay révèle ses qualités. On prend alors plaisir à maîtriser un titre nerveux et efficace, tout en restant finalement assez basique. Le plus gros soucis reste la caméra souvent à la ramasse.

Musique et bruitages : 14/20

Niveau bande son, le titre s'en sort avec les honneurs. Le doublage colle parfaitement aux personnages (que ça soit en anglais ou en japonais), les musiques sont bien rythmées et les bruitages nous plongent efficacement dans l'ambiance.

Durée de vie : 15/20

Killer is Dead offre une très bonne durée de vie pour un beat them all. Comptez déjà une petite dizaine d'heures pour l'histoire et toutes les missions annexes. Débloquer toutes les missions de Scarlett et parvenir à en triompher vous demandera aussi un bon bout de temps. À cela, s'ajoute les améliorations et les costumes qu'il vous restera à acquérir. Enfin le jeu dispose d'un classement en ligne pour faire la course aux high scores.

Note : 15/20

Le dernier titre de Suda 51 ne fait pas dans la demi-mesure et n'est clairement  pas destiné à tous les publics. C'est un peu quitte ou double, soit on accroche complètement, soit on déteste ! Killer is Dead reste dans la droite lignée des dernières productions du studio. Plus abouti que Lollipop Chainsaw, il n'en conserve pas moins plusieurs défauts. À commencer par une caméra calamiteuse, un manque d'accessibilité et une histoire incompréhensible. À vous de voir si vous êtes capable de surmonter ces handicaps pour plonger de plain-pied dans un univers décapant et bourré de style !

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