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"Transport Fever 3 propose une vraie évolution de la formule en termes de gameplay. Des innovations subtiles mais qui font la différence et rendent ce nouveau volet encore plus prenant. Urban Games enrichit intelligemment une formule déjà solide en proposant des cartes plus vivantes, une logistique approfondie et des outils de construction performants."
Geek4Life
Test : Transport Fever 3

Après avoir imposé sa série comme l’une des références du jeu de gestion de transport de marchandises et de passagers, Urban Games revient avec Transport Fever 3, un nouvel opus particulièrement ambitieux. Désormais édité par Paradox Interactive, le titre nous invite une nouvelle fois à bâtir un vaste réseau de transport terrestre, maritime et aérien afin de transformer de modestes villages en métropoles prospères. Même si ce nouveau volet reste fidèle à l’esprit de la série, il opère un virage significatif sur plusieurs aspects de son gameplay.

Comme ses prédécesseurs, Transport Fever 3 se concentre sur la gestion d’un empire logistique. Le joueur incarne un magnat des transports chargé de répondre aux besoins croissants d’une population en constante évolution. Entre développement urbain, logistique industrielle et optimisation des flux de voyageurs, chaque décision influence directement la croissance économique et l’organisation du territoire. Le jeu démarre en 1900 et s’étend jusqu’à nos jours, et même au-delà. Au départ les villes n’ont que 3 besoins, par exemple transporter des habitants, obtenir des légumes et des planches. Vous devrez les satisfaire pour faire évoluer ces zones habitées, qui vous en demanderont toujours plus. De nouveaux besoins apparaîtront, ce qui vous donnera l’occasion d’augmenter vos bénéfices. Dans Transport Fever 3 vous êtes payés pour chaque livraison réussie, que ce soit vers une usine de transformation ou vers le client final. Il est important de garder un œil sur le temps de livraison car certaines ressources sont périssables, comme la viande et les légumes. Les marchandises périmées sont payées, mais font baisser la satisfaction de la ville.



Une des grandes différences de ce nouveau volet par rapport à son prédécesseur concerne la gestion des demandes. Dans Transport Fever 2, l’apparition de nouvelles demandes poussaient les entreprises à se mettre au travail pour y répondre. Donc sans besoin pas d’activité. Ici c’est l’inverse. Les entreprises produisent tant qu’elles peuvent, même si la demande n’est pas là. Cette nouvelle dynamique implique un changement radical dans la gestion des flux de marchandises. Il faut désormais s’appuyer sur des entrepôts pour stocker les marchandises, qui ne sont plus simplement entassées sur les quais maritimes et ferroviaires. Il faut aussi penser à l’entretien de vos véhicules. En effet, ces derniers se dégradent avec le temps ce qui entraine une perte d’efficacité et davantage de gêne au niveau de la pollution et du bruit. La solution est de construire des bâtiments d’entretien qui couvrent une large aire d’effet pour réparer automatiquement vos moyens de transport. Vos véhicules n’ont pas besoin de s’y arrêter pour être réparés, simplement de circuler dans la zone. Une bonne idée pour ajouter un peu de complexité sans alourdir le fonctionnement de nos voies de transport.



Pour maximiser la satisfaction des villes vous devez aussi veiller à maintenir la pollution et le bruit à un niveau raisonnable. Chaque ville correspond à un district. Construire une infrastructure polluante impactera l’ensemble du district, peu importe son emplacement. À l’inverse, les bâtiments occasionnant du bruit ont un impact local uniquement. Il sera donc intéressant de les placer dans les zones commerciales ou industrielles pour mitiger la nuisance générée. Le véritable point fort du jeu réside dans sa simulation particulièrement détaillée des différents moyens de transport. Chaque ligne de bus, chaque axe ferroviaire et chaque liaison maritime possède un impact tangible sur les villes environnantes. Plus vos infrastructures sont efficaces, plus les localités prospèrent. À l’inverse, des réseaux mal pensés, ou mal entretenus, provoquent embouteillages, ralentissements économiques et mécontentement des habitants. Cette dimension systémique offre une profondeur impressionnante aux amateurs d’optimisation. La construction des infrastructures gagne en souplesse, avec davantage de contrôle sur les routes, les intersections et les voies ferrées. Il devient possible d’ajuster beaucoup plus finement son réseau afin de répondre aux contraintes du terrain et aux besoins du trafic.

Une simulation toujours plus ambitieuse

Malgré tout, la prise en main reste un peu lourde et l’interface vieillotte. L’ensemble reste très fonctionnel, toutes les informations utiles sont bien là, mais nous aurions souhaité une ergonomie plus pratique. Le jeu aurait pu faire davantage d’effort pour se rendre plus accessible, notamment envers les nouveaux venus qui découvrent la licence. La courbe d’apprentissage se révèle particulièrement exigeante. Le démarrage des parties est assez lent, presque contemplatif, et se complexifie au fil du temps. Les personnes n’ayant pas joué au précédent volet risquent de se sentir rapidement submergés par la quantité d’informations à assimiler. Entre les nombreuses chaînes de production, l’optimisation logistique, la gestion financière et l’expansion urbaine, il faut un certain temps pour se sentir à l’aise avec toutes ces mécaniques. Heureusement ce nouveau volet introduit un système de jalons, avec des objectifs clairs pour guider et motiver les joueurs. Transport Fever 3 propose un mode Campagne se composant de 8 missions historiques d’une durée totale d’environ 20 heures, retraçant l’évolution de la logistique entre 1900 à 2030.



Les différentes missions reposent sur des gimmicks originaux qui changent un peu la donne mais sont parfois trop lourds. Une idée très intéressante sur le papier mais qui aurait gagnée à être mieux intégrée, de manière plus subtile. Car répéter 15 fois la même tâche finit par lasser, même si elle est originale. En tout cas, on ne peut pas reprocher à Urban Games d’essayer de pousser son concept et de varier les plaisirs. Globalement l’expérience est très plaisante pour tous les fans de gestion, en particulier celles et ceux qui ont apprécié le précédent volet. À moins d’être réfractaire aux nouvelles mécaniques, on ne peut que s’enthousiasmer face à ce nouveau volet qui prend le risque de chambouler certaines habitudes pour aller plus loin en termes de gameplay. Pour la technique en revanche, il y a de quoi être plus circonspect. L’optimisation n’est pas exemplaire, d’où la présence de cartes de taille restreinte. L’équipe en charge du développement a bien conscience de ses limites et a choisi délibérément de garder une taille raisonnable pour les cartes afin de ne pas mettre à mal les machines les moins puissantes.

De leur côté, les graphismes oscillent entre le correct et le très bien. Le jeu intègre un site de modding, qui n’est pas le Steam Workshop, mais promet davantage de souplesse à l’avenir. Nul doute par exemple que des moddeurs proposeront des cartes plus grandes, ou des moyens de transport inédits. Transport Fever 3 marque une réelle évolution par rapport au volet précédent. Un changement profond qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais que nous trouvons particulièrement bien pensé dans le cadre de cette franchise. Un réel bond en avant en ce qui concerne le gameplay et que nous aurions bien aimé retrouver au niveau technique et graphique. Toujours est-il que la satisfaction procurée par un réseau parfaitement optimisé est bien là. Observer nos trains, avions, navires et camions fonctionner harmonieusement au sein d’un écosystème vivant procure un plaisir presque hypnotique. Peu de jeux de gestion parviennent à retranscrire aussi efficacement le plaisir de construire une machine logistique aussi puissante et à une telle échelle.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 15/20

Transport Fever 3 ne marque pas une vraie révolution au niveau des graphismes. L’ensemble est plutôt joli, avec certains effets franchement très réussis, mais ne vous attendez pas à une claque visuelle. On apprécie surtout les environnements plus détaillés, davantage de variété dans les paysages et un superbe cycle jour/nuit qui renforce l’immersion.

Gameplay & prise en main : 17/20

Urban Games fait évoluer la formule de Transport Fever et pousse encore plus loin le gameplay. La richesse des possibilités impressionne, que ce soit au niveau de la gestion des réseaux, de la logistique, de l’urbanisme, ou de l’optimisation économique. Chaque élément s’imbrique remarquablement bien dans l’ensemble. Dommage que la prise en main ne suive pas vraiment. Elle reste encore à l’heure actuel trop lourde et trop exigeante pour les débutants.

Musique et bruitages : 15/20

La bande-son accompagne efficacement notre aventure pour construire un empire logistique. Sans être mémorable, l’ambiance sonore accompagne parfaitement nos longues sessions de jeu et renforce l’immersion dans notre course au profit et à l’optimisation.

Durée de vie : 18/20

Entre les scénarios historiques de la campagne, les modes bac à sable et les possibilités ouvertes par le modding, la durée de vie s’avère tout simplement colossale. Les passionnés pourront y consacrer des centaines d’heures, à affiner leurs réseaux de transport et profiter des expériences proposées par les moddeurs.

Note pour ce test : 17/20

Transport Fever 3 propose une vraie évolution de la formule en termes de gameplay. Des innovations subtiles mais qui font la différence et rendent ce nouveau volet encore plus prenant. Urban Games enrichit intelligemment une formule déjà solide en proposant des cartes plus vivantes, une logistique approfondie et des outils de construction particulièrement performants. Les deux principaux écueils concernent la prise en main, qui souffre de nombreuses lourdeurs et risque d’intimider les novices, ainsi que les performances. Transport Fever 3 est gourmand, ce qui limite la taille des cartes proposées par le studio. On pourrait aussi lui reprocher certains gimmicks de gameplay proposés dans la campagne et qui se révèlent trop bancals ou fastidieux. Malgré ces imperfections ce nouveau volet est une franche réussite qui représente une référence incontournable pour tous les amateurs de simulation et de gestion.

+ Une simulation de transport extrêmement complète
+ Une bonne évolution du gameplay
+ Des cartes variées et très immersives
+ De nombreux outils de construction
+ Une durée de vie gigantesque
+ L’ajout du cycle jour/nuit

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