Avec Heroes of Science and Fiction, Oxymoron Games signe un hommage assumé à la saga culte Heroes of Might and Magic, tout en y injectant une bonne dose d’originalité. Ce titre reprend les fondations qui ont fait le succès des jeux de stratégie au tour par tour : exploration, gestion de ressources, recrutement d’unités et affrontements tactiques. Mais il y ajoute une identité propre, pour offrir une expérience à la fois familière et innovante.
Lancée en 1995 la série des Heroes of Might and Magic a marqué l’histoire vidéoludique pour son approche novatrice de la stratégie au tour par tour. La saga n’a plus fait parler d’elle depuis 2015, mais un nouveau volet est prévu pour 2026. En attendant les fans du genre ont tout intérêt à jeter un œil à Heroes of Science and Fiction, qui se pose comme un digne fils spirituel de la saga culte. Le contexte change, puisqu’on passe des preux chevaliers et des dragons, à des robots et des insectes cybernétiques. L’univers du titre d’Oxymoron Games est une de ses grandes forces. Chacune des 5 factions jouables à son histoire, ses motivations et sa vision du monde. Les Fossorians sont des taupes mutantes vivants sous un régime dictatorial. Cette faction compte sur le nombre et sur le dévouement, rarement consenti, de ses troupes. La tendance expansionniste des Fossorians leur a valu bien des ennemis, qui réfléchissent à deux fois avant de s’en prendre à eux. En effet, cette faction a une passion immodérée pour l’artillerie lourde et sa puissance militaire en fait une menace à ne pas sous-estimer.
Les Enfants de la Source constituent une espèce insectoïde qui a perdu sa reine il y a fort longtemps et qui pour survivre a dû se transformer. Chaque individu reçoit des implants cybernétiques au fil de sa vie, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une machine. Les Enfants de la Source parcourent la galaxie à la recherche de la Grande Mère, une reine mythique capable de les sauver de l’extinction. Dans leur quête de leur sauveuse ils commirent bon nombre de guerres, ne s’arrêtant devant aucun sacrifice. Aujourd’hui cette faction au bord de l’extinction a adopté une mentalité bien moins belliqueuse, s’efforçant d’utiliser son avancée technologique pour maintenir la paix. De son côté, L’UNSS (United Nations of the Solar System) contrôle le système solaire depuis plusieurs décennies, grâce à l’ingéniosité humaine et des alliés inattendus, les Hesperidians. Cette race de mites extraterrestres cherchait refuge dans le système solaire et s’est associée aux humains pour créer une nouvelle société. Grâce aux scientifiques Hesperidians, l’humanité a connu une ère de progrès sans précédent. Mais sous ses airs de démocratie bienveillante se cachait la volonté de contrôler toutes les colonies humaines. Les Colonies Souveraines combattirent l’UNSS pour préserver leur indépendance, mais furent vaincues, condamnées à fuir leurs anciennes demeures.
Les survivants devinrent la Flotte Souveraine, un groupe de pirates rebelles bien décidés à faire tomber l’UNSS. Regroupant les anciens membres des Colonies Souveraines et les individus dégoutés par l’UNSS, la Flotte Souveraine utilise des stratégies de guérillas éclairs pour frapper un grand coup avant de disparaitre. Les armées de l’UNSS comme celles de la Flotte Souveraine s’appuient sur un mélange de troupes humaines et de robots pour faire face à toutes les situations. Mais là où l’UNSS compte sur des boucliers énergétiques pour préserver ses soldats, la Flotte Souveraine dispose d’une médecine avancée pour les soigner et garantir leur durabilité sur le champ de bataille. Enfin la cinquième faction, la Tribu Timori, est une espèce parasite extraterrestre qui prend le contrôle de ses hôtes. Les Timoris peuvent modifier leurs corps pour devenir des armes vivantes en temps de guerre. Il est apparu que cette espèce n’est pas foncièrement agressive et la Flotte Souveraine a même plusieurs fois commercé avec elle. Toutefois, poussez-les à bout et vous vous retrouverez face à une marée de griffes et de crocs acérés. Ils disposent d’une arme spéciale pour engluer les unités ennemies, les clouant sur place à la merci des tirs.
Un conflit aux multiples facettes
Heroes of Science and Fiction propose 4 campagnes composées chacune de 4 missions, plus ou moins longues. Elles vous feront explorer le système stellaire de Siren en incarnant les différentes factions. Chacune y a ses intérêts propres, comme retrouver les ruines d’une civilisation primordiale disparue, exploiter des ressources rares, ou tout simplement survivre et prospérer. L’écriture des missions met en valeur les spécificités de chaque faction et les mentalités des différents commandants. Elle ne rechigne pas à pimenter le tout de retournements de situations bien sentis. L’écriture des dialogues est excellente, avec de nombreuses touches d’humour qui font mouche. Cerise sur le blaster, le titre profite d’une traduction française impeccable. La campagne pourra vous tenir occupé une cinquantaine d’heure, en fonction de votre style de jeu. En prime s’ajoute un mode escarmouche, avec plus d’une trentaine de scénarios, et un multijoueur local ou en ligne pour décupler la durée de vie. Le Steam Workshop est aussi prise en charge pour créer ses propres cartes.
Côté gameplay, on reste dans les fondamentaux du genre avec une formule bien rodée. Vous explorez une carte avec vos héros pour conquérir des zones et exploiter des ressources, tout en développant vos bases. Le jeu s’appuie sur des combats au tour par tour riches, avec 7 types d’unités améliorables par faction, de nombreux équipements et artefacts, ainsi que 24 talents et 54 capacités actives pour les commandants. Les unités disposent aussi d’un talent spécial à utiliser sur le champ de bataille. Heroes of Science and Fiction introduit également un système original de cycle, où chaque planète a une révolution spécifique. Ceci impacte le nombre de tours nécessaires pour renouveler les troupes dans ses bases. Visuellement le jeu est magnifique. On pourra juste lui reprocher des environnements parfois trop chargés. Entre les différentes structures qui parsèment la carte, la végétation et les éléments à récupérer sur le chemin, il est parfois difficile de bien tout discerner. Les unités comme les commandants ont beaucoup de classe. Les visuels dédiés aux QG des différentes factions ne sont pas en reste, avec des rendus soignés. La bande-son est aussi un bonheur pour les oreilles, avec des thèmes variés et des bruitages efficaces. En bref, Heroes of Science and Fiction n’est pas révolutionnaire, mais il parvient à améliorer la formule classique du genre et insuffle sa patte pour une expérience originale, digne de son illustre modèle.
Visuellement le jeu est très réussi, mais parfois trop surchargé dans ses environnements. Chaque faction profite d’un design unique bien inspiré. Toutes ont beaucoup de style, que ça soit au niveau des unités, des commandants, ou des bases.
Le gameplay est très solide et s’appuie sur les bases du genre, tout en les enrichissant de quelques particularités. La profondeur est là, mais l’ergonomie et la complexité initiale peuvent freiner les débutants.
La bande-son épique nous accompagne efficacement durant les batailles et les phases d’exploration. Les morceaux sont variés ce qui limite la lassitude sur le long terme.
Comptez entre 40 et 50 heures pour terminer la campagne, selon votre façon de jouer. Le titre propose également plus de 30 scénarios en escarmouches et des options pour du multijoueur en local ou en ligne. Si vous aimez le genre, alors Heroes of Science and Fiction va vous tenir occupés un bon moment.
Heroes of Science and Fiction réussit son pari en nous offrant une expérience à la hauteur du légendaire Heroes of Might and Magic. Le studio Oxymoron Games propose un univers original et audacieux, s’appuyant sur un gameplay très solide. Les habitués du genre ne seront pas déboussolés. Malgré quelques soucis d’ergonomie et une difficulté parfois mal dosée, le titre saura séduire les amateurs de stratégie au tour par tour, que ça soit en solo ou en multi.