Nouvel entrant ambitieux dans le paysage des city-builders, Nova Roma nous invite à fonder et faire prospérer une cité romaine loin de la capitale, sur des terres encore vierges. Développé par Lion Shield et édité par Hooded Horse, le titre est disponible en accès anticipé depuis le 26 mars 2026 sur PC.
À mi-chemin entre Caesar, Pharaoh et Anno, Nova Roma nous plonge dans l’édification d’une cité romaine florissante. Sentant le vent tourner à Rome, vous avez décidé de partir fonder un nouveau pied-à-terre avec une poignée de fidèles. Les habitués du genre trouveront vite leurs marques : construire des logements, satisfaire les citoyens, récolter des matières premières, puis les transformer pour obtenir de nouveaux produits. Le titre de Lion Shield ajoute à ça une composante militaire. En effet, Rome n’a pas apprécié notre départ et envoie régulièrement des troupes sur notre île pour la piller. Il faudra donc penser à construire des palissades et des tours de garde, ainsi que recruter des soldats. Autre particularité, vous pourrez construire des temples pour adorer des divinités romaines. Le jeu en propose 5 pour l’instant et 4 autres devraient être ajoutés d’ici la sortie officielle. Chacun d’eux est spécialisé dans un domaine et l’enjeu n’est pas de se focaliser dans la vénération de quelques dieux, mais bien de tous les satisfaire.
En effet, les dieux n’ayant aucun temple dédié réclameront de l’or ou déclencheront des catastrophes, comme des incendies ou des tempêtes. À l’inverse, plus vous prierez de dieux différents plus vous pourrez bénéficier de leurs faveurs. Chacun à des demandes spécifiques mais tous vous récompenseront avec des points de Faveur, servant à débloquer de nouvelles technologies. Jupiter augmente le bonheur de la population et demande d’atteindre des paliers de citoyens. Ceres améliore la production agricole, elle sera satisfaite avec du blé, du raisin ou des pommes par exemple. Vulcan est spécialisé dans l’artisanat et réclame du charbon ou des objets manufacturés. Neptune accélère le rendement de la pêche, vous obtiendrez ses faveurs en développant ce domaine. Enfin, Ares renforce vos défenses et exige des ressources militaires. Leurs demandes accompagnent naturellement la progression du joueur, tout en le gratifiant de points de Faveur pour accélérer son évolution. La boucle de gameplay est bien huilée et se comprend facilement, mais les développeurs auraient pu fournir un didacticiel plus détaillé. Nova Roma n’est pas un city-builder qui prend le joueur par la main.
En ce qui concerne l’interface, là aussi il y a des progrès à faire, le jeu manque de filtres et de diagrammes pour bien analyser sa cité et son fonctionnement. Heureusement, l’essentiel est bien présent et les différents aspects du gameplay s’imbriquent parfaitement. Qu’il s’agisse du logement, de la satisfaction des citoyens et des dieux, de la production et du militaire, chaque partie a un réel intérêt, sans pour autant tomber dans une trop grande complexité. Actuellement, le titre ne propose pas de construire d’établissements de santé, ni de maintien de l’ordre. Vos citoyens resteront en forme avec une alimentation variée et s’il y a suffisamment de pompes funèbres pour s’occuper des cadavres. Vous devrez aussi prendre soin de vos bâtiments, qui se dégradent au fil du temps, en recrutant des maçons. Sans oublier les pompiers pour éviter les incendies. Ce qui rend Nova Roma vraiment à part et qui fera la différence pour les amateurs de city builders, c’est la gestion de l’eau. Vous trouverez des rivières sur votre île, avec un écoulement de l’eau qui se modifiera en fonction des saisons et des périodes de pluie ou de sécheresse.
Construisez votre Rome !
La mécanique des fluides proposée par le jeu se révèle assez poussée et les inondations pourront mettre votre économie à mal. Un conseil, en début de partie évitez de construire trop près des berges. La gestion de l’eau constitue l’un des piliers du gameplay, avec plusieurs outils pour maîtriser cet élément. Les aqueducs, les barrages et les canaux, couplés aux outils de terraformation permettent de contrôler le flux de l’eau. En démarrant un projet de ce type vous entrerez en mode simulation. Une très bonne idée qui permet de tester son projet avant de lancer la construction. Préparez vos réserves de pierre et d’or car modifier le terrain coûte beaucoup de ressources. C’est pourtant un passage obligatoire pour maîtriser les inondations et garder au chaud des réserves d’eau pendant les sécheresses. Avec vos aqueducs vous pourrez acheminer l’eau vers les logements et faire fonctionner des thermes pour satisfaire vos citoyens. Assez déconcertante de prime abord, cette partie se révèle finalement être un des gros points forts du jeu. Nova Roma s’appuie déjà sur un gameplay riche et solide, mais tout n’est pas parfait pour autant.
Nous évoquions un peu plus haut le manque de didacticiels et de filtres pour administrer efficacement notre cité. Le système de charrettes pour les transports n’est pas non plus des plus pratique. Chacune d’elles peut être associée à une route de ravitaillement mais aucun menu ne permet pour l’instant de les retrouver facilement, ni de les gérer collectivement. Ce qui au fil de notre progression finit par devenir vraiment handicapant. Vous débloquerez également les grands temples et les superbes temples, qui permettent d’organiser des festivals en l’honneur d’un dieu pour obtenir des points de Faveur et augmenter le bonheur de vos citoyens. Ces bâtiments demandent pas mal de place, mais le vrai problème vient du fait que dès que vous en aurez construit un tous les autres dieux vous harcèleront pour avoir le leur. Vous devrez alors rapidement construire les autres pour éviter de vous attirer leur courroux. Une fois cela fait il ne faudra pas très longtemps pour qu’ils vous en demandent encore un nouveau. On finit par entrer dans une spirale de construction de temple. Une contrainte qui gâche un peu l’expérience et qu’on espère voir adouci à l’avenir. Surtout que de nouveaux dieux sont prévus, ce qui rendrait cette nécessité de multiplier les grands temples encore plus pénible.
Ce qui nous a également manqué, c’est la présence d’un indicateur visuel ou sonore pour prévenir de l’attaque des pillards. La musique change légèrement, mais reste trop discrète, ce qui fait que nous nous sommes retrouvés plusieurs fois pris de cours par ces invasions. Nova Roma vous demandera de nommer tous les 3 ans un gouverneur. Le jeu vous en propose 3 à chaque élection pour obtenir différents bonus, ainsi que des malus. Les candidats ne sont pas équilibrés, certains ne présentant aucun avantage. De plus, si vous réélisez trop souvent le même votre peuple sera mécontent. Une mécanique de jeu qui se révèle actuellement plutôt bancale et anecdotique hélas. Visuellement, Nova Roma adopte une direction artistique en low poly lisible et charmante. Les bâtiments romains iconiques, le passage des saisons, le vol des oiseaux, les nuages et les effets liés à l’eau confèrent une identité forte au jeu. L’ensemble reste toutefois sobre et un peu trop répétitif, surtout pour les zones résidentielles aux variations limitées. Il est parfois bien difficile de trouver un bâtiment précis au milieu de tous ces toits de tuiles orange. Le jeu manque aussi de petites animations pour donner vie à nos citoyens et égayer notre cité. Malgré ces quelques défauts cet accès anticipé nous a convaincu que Nova Roma était un titre à suivre de près.
Nova Roma s’impose comme un city-builder très prometteur. Sa gestion poussée de l’eau et des divinités lui apporte une vraie identité, tandis qu’il combine habilement diverses mécaniques de jeu sans sombrer dans une complexité trop abrupte. Le titre ne guide pas le joueur mais se révèle très accessible pour les habitués du genre. Ce mélange donne envie de s’investir dans le développement de sa cité et de découvrir toutes les structures disponibles. Ces bases solides sont également accompagnées de quelques faiblesses qu’on hâte de voir corrigées. Nova Roma manque de filtres pour bien gérer sa production et le transport des ressources. Les demandes des divinités finissent aussi par devenir disproportionnées, ce qui gâche un peu le plaisir de la progression. Enfin, on aimerait que le jeu nous avertisse plus efficacement lorsque les pillards approchent. Ces soucis qui seront sûrement corrigés par le studio Lion Shield qui enchaine actuellement les mises à jour et les correctifs.
+ Un gameplay bien huilé
+ La gestion de l’eau
+ Créer des barrages et terraformer
+ Les divinités
+ Bonne diversité de ressources
+ Low poly charmant
+ Localisation française