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"Savara est un jeu d’action roguelite bien pensé et attachant, qui se démarque par son univers haut en couleur et par un système de combat plus tactique qu’il n’y paraît. Le gameplay s’avère exigeant et la sensation de progression est palpable. Le titre brille par la richesse de ses builds, mais manque de contenu"
Geek4Life
TEST : Savara

Doryah Games et Ankama Games nous proposent avec Savara un jeu d’action roguelike coloré. Aiguisez vos lames, il est temps de participer à de grandes festivités organisées en l’honneur d’Iop, le dieu guerrier. Préparez-vous à une série d’arènes impitoyables où la maîtrise du tempo des attaques sera plus précieuse que n’importe quel assaut frénétique.

Vous incarnez Savara, une valeureuse guerrière participant aux grandioses festivités en l’honneur du dieu Iop. Pour l’occasion la règle est simple, avancer dans des arènes remplies de monstres, affrontez des boss pour découvrir de nouveaux biomes et finalement réclamez la récompense promise par Iop. Il y a un mélange de Hades et de Monster Hunter dans Savara. D’un côté on retrouve la formule des combats en arène avec un aspect roguelike, mais aussi une chasse aux matériaux trouvés sur les monstres. Ces matériaux sont utilisés pour forger et améliorer des armes et armures. Ils sont donc indispensables pour progresser et leur collecte est un élément central de la boucle de gameplay. La progression ne passe pas uniquement par ce système puisque vous pourrez débloquer divers insignes pour obtenir des bonus passifs et également faire monter votre arbre de talents. Ce dernier est divisé en 5 paliers pour vous accorder là encore tout un tas d’avantages. En l’améliorant vous débloquerez davantage d’emplacements. Ce qui ne sera pas du luxe puisque les talents prennent de plus en plus de place. En effet, équiper un talent de niveau 1 coûte 1 emplacement, quand équiper un niveau 5 en prend 5. Les insignes peuvent aussi gagner en puissance si vous remplissez le défi associé. Par exemple enchainer les combats pour faire progresser une relique conférant davantage de points de vie. La variété est de mise et vous débloquerez rapidement une belle brochette d’atouts pour construire vos premiers builds.



Cette méta-progression est une bonne carotte pour nous pousser à explorer le jeu sous toutes les coutures, mais l’ensemble se révèle plutôt générique. Plutôt que de gagner 2% de vitesse d’attaque ou de dégâts, nous aurions préférés des atouts plus marquants, ajoutant des mécaniques ou des synergies. Savara vous propose de manier 7 armes exclusivement orientées corps-à-corps : épée lourde, épée à deux mains, épées doubles, combo épée/bouclier, marteau, lance, gantelet. Chaque type d’arme occasionne des dégâts perforants, tranchants ou contondants. Les ennemis peuvent être sensibles à un ou plusieurs types de dégâts. En exploitant leurs faiblesses vous ferez plus de dommages et aurez plus de chance d’obtenir des ressources en brisant certaines parties. Vous pourrez choisir 2 armes avant de vous lancer dans l’arène. Le gameplay de Savara repose sur cette combinaison. En effet notre héroïne doit gérer son endurance pour esquiver, courir et frapper. Celle-ci s’épuise très rapidement, mais lors d’un changeant d’armes vous régénérez votre endurance. Un changement d’arme déclenche aussi une attaque spécifique. Par exemple, passer au duo épée/bouclier lancera tout d’abord une animation de blocage puis une attaque. Il faut bien gérer ces changements et le rythme des attaques de chaque arme pour vraiment briller en combat. C’est la plus grande différence avec Hades, qui propose un gameplay très nerveux et dynamique. La prise en main de Savara est beaucoup plus lourde et exigeante. Ce parti pris ne plaira pas à tout le monde, mais c’est aussi ce qui donne son identité à Savara.

La précision au cœur de l‘action

Chaque arme a son tempo et certaines sont beaucoup plus accessibles que d’autres. Les épées doubles sont rapides, ce qui en fait un très bon choix pour démarrer, comme la lance. Là où l’épée à deux mains et le marteau se révèlent bien plus difficiles à manier. Déclencher des timings parfaits, que ce soit lors des attaques, des blocages ou des esquives fera aussi une grosse différence. Mais parvenir à ce niveau d’exécution n’est pas franchement évident. Les mouvements des ennemis sont parfois difficiles à anticiper, avec en prime une caméra trop éloignée de l’action. En plus de gérer votre endurance, vous devrez faire attention aux pièges disséminés dans l’arène, ainsi qu’aux monstres élites qui passeront en frénésie une fois bien amochés. Pour triompher, il vous faudra exploiter les faiblesses des monstres, tout en surveillant les instants où ils sont épuisés, et essayer autant que possible de les étourdir. Il faut donc avoir une bonne lecture de l’action et connaître ses 2 armes sur le bout des doigts pour s’en sortir. Une exigence qui implique des premiers combats difficiles le temps de se familiariser avec les armes, les ennemis et les différentes mécaniques. Heureusement on devient rapidement plus puissant grâce à de nouveaux set d’armes fabriqués grâce aux ressources récupérées sur les monstres. Mais si vous souhaitez une expérience plus détendue, vous pourrez toujours opter pour le mode facile au moment de créer votre profil.



On avance à travers trois niveaux composés d’une succession de salles, face à une vingtaine de monstres différents, tout en cherchant les meilleures synergies possibles entre les différentes bénédictions divines proposées. Il y en a plus de 90 réparties en plusieurs famille (foudre, saignement, frénésie, armure, etc.), avec la possibilité de faire des combos de bénédictions. Globalement on reste quand même en terrain connu, alors ne vous attendez pas à de grosses surprises. Vous trouverez aussi des contrats dans certaines salles. Ils vous accorderont de gros bonus mais sévère contrepartie. Par exemple, doubler sa barre de vie mais ne plus pouvoir se soigner, ou alors recharger ses attaques spéciales avec le changement d’armes au lieu de regagner de l’endurance. Au niveau visuel, le titre souffle le chaud et le froid faute de budget. D’un côté les illustrations 2D et les monstres en 3D sont réussis, mais les arènes manquent de personnalités. Savara elle-même manque cruellement de charisme, avec un modèle 3D trop basique. On peut aussi reprocher au titre un certain manque de contenu. Comptez une quinzaine d’heures pour tout débloquer. En revanche, on apprécie grandement la bande-son pêchue à souhait, agrémentée d’excellents doublages en français. Autre bon point, le titre explique en détails toutes ses mécaniques : du fonctionnement des armes, au timing parfait, en passant par les bénédictions et les spécificités des monstres. Certes Savara n’atteint pas le niveau d’excellence d’Hades, mais propose un bon divertissement, entaché hélas par quelques soucis de lisibilité.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 14/20

Savara profite d’une direction artistique très colorée et plutôt réussie. Les monstres collent bien à l’ADN Ankama dans leur style. Les arènes sont propres mais manquent de variétés et de vie. Rien à redire niveau animations, c’est impeccable. Mais dans le feu de l’action il est parfois bien difficile de discerner tout ce qui se passe à l’écran.

Gameplay & prise en main : 15/20

C’est le gros point fort du jeu, mais le parti pris ne conviendra pas à tout le monde. Le gameplay réclame du timing et de la précision, avec une sensation de lourdeur qui peu déstabiliser. Certaines armes ne sont pas évidentes à manier, mais sur les 7 disponibles on trouve forcément chaussure à son pied. Les nombreuses bénédictions, la personnalisation des talents, de l’équipement et des insignes donnent à Savara une vraie profondeur.

Musique et bruitages : 16/20

L’habillage sonore est remarquable, avec des musiques de qualité et surtout un doublage français parfaitement adapté à l’ambiance. Vous pouvez aussi profiter d’un doublage en anglais tout aussi qualitatif.

Durée de vie : 14/20

Comptez en moyenne 15 heures pour voir l’essentiel de ce que Savara a à proposer. Si le contenu du jeu se débloque assez vite et manque de variété, la structure roguelite et la solidité du gameplay pousse à retenter l’aventure pour tester de nouveaux builds.

Note pour ce test : 15/20

Savara est un jeu d’action roguelite bien pensé et attachant, qui se démarque par son univers haut en couleur et par un système de combat plus tactique qu’il n’y paraît. Le gameplay s’avère exigeant et la sensation de progression est palpable. Le titre brille par la richesse de ses builds, mais manque de contenu, surtout quand on le compare aux ténors du genre. Une expérience qui n’est pas révolutionnaire, mais honnête dans sa proposition. Si vous hésitez, sachez qu’une démo est disponible pour avoir un avant-goût du jeu de Doryah Games.

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