Pour son tout premier jeu, le studio indépendant Phantasmica Studios assume fièrement ses influences : Darkest Dungeon, XCOM, Disciples et même un parfum de Starship Troopers. Le résultat est un RPG tactique au tour par tour, encore en accès anticipé qui nous parachute sur une planète hostile baptisée Tenebris. À vous de prendre le commandement des survivants du vaisseau Solaris, écrasé lors d’une expédition, et tenir tête à des nuées d’insectes géants particulièrement coriaces.
En l’an 2456, l’humanité fuit une Terre dévastée et part en quête d’une planète habitable. Le Solaris fait partie de cette expédition de recherche pour trouver un nouveau foyer. Mais pendant le voyage spatial le vaisseau subi une avarie et doit se poser en urgence sur un monde inconnu. La bonne nouvelle, c’est que la vie y est possible ! La mauvaise nouvelle : elle est déjà peuplée d’une faune hostile faite d’insectes géants prêts à en découdre pour défendre leur territoire. Le vaisseau endommagé devient alors votre quartier général, et votre mission prioritaire consiste à repousser cette menace pour sécuriser la zone. Au fur et à mesure de votre exploration vous découvrirez de nouvelles régions de la planète Tenebris et mettrez à jour ses mystères, tout en vous frottant à des monstres de plus en plus coriaces. L’ambiance du jeu plaira tout particulièrement aux fans de science-fiction gore et impitoyable, où la menace extraterrestre rode dans chaque zone d’ombre. Tenebris n’hésite pas à à répandre tripes et boyaux, avec des cadavres jonchant les niveaux et des morceaux de bestioles s’éparpillant après les tirs de nos armes. Le titre mise sur une tension permanente pour survivre, affronter l’inconnu et ses multiples dangers, dans un esprit qui évoquant Darkest Dungeon. Reste qu’il faut adhérer à une direction artistique efficace mais minimaliste. Les décors et les personnages sont superbes, mais les animations se révèlent plutôt basiques et manquent de fluidité. On se consolera avec les magnifiques artworks parsemés ici et là.
Le cœur du jeu, ce sont les combats au tour par tour, où le positionnement, la gestion des capacités et la connaissance des forces et faiblesses de chaque unité font toute la différence. Foncer tête baissée est le plus court chemin vers la défaite. Il faut anticiper plusieurs tours à l’avance, jouer avec les effets de statut et composer une escouade capable de s’adapter. Les insectes peuvent également se coordonner et se renforcer mutuellement. Plus ils sont nombreux, plus chaque ennemi devient dangereux, ce qui pousse à réfléchir à chaque engagement. L’une des grandes forces du titre réside dans la personnalisation qu’il propose. On démarre avec 5 classes de base aux rôles clairement identifiables, qui évoluent ensuite vers 23 spécialisations pour obtenir des capacités avancées. Chaque classe est dotée de son propre arbre de talents. À cela s’ajoute un véritable système d’inventaire : armes, armures et équipements spéciaux modifient les caractéristiques, influencent les talents ou octroient de nouvelles capacités. Trouver les bonnes synergies entre membres d’escouade devient l’un des plaisirs les plus satisfaisants du jeu. Les spécialistes de theorycrafting pourront s’en donner à cœur joie grâce aux très nombreuses possibilités offertes et passeront des heures et des heures à tester toutes les combinaisons. À cette dimension tactique se greffe un aspect stratégique à la XCOM. Le vaisseau Solaris vous sert de base où il est possible de recruter de nouveaux soldats sortis de cryo-sommeil, soigner les blessés à l’infirmerie, acheter de l’équipement et des améliorations.
À la conquête de l’inconnu !
Le centre d’opérations permet également d’envoyer des soldats sur des missions annexes, où ils se débrouilleront par eux-mêmes sans que vous ayez besoin de participer aux combats. Cela permet de gagner de l’expérience et du matériel, pour avoir un maximum de soldats opérationnels. Car le jeu s’appuie sur un système de fatigue vous forçant à faire tourner vos équipes sur le terrain pour éviter de complétement les lessiver. Il vous faudra des soldats en pleine possession de leurs moyens pour terrasser les différents boss qui vous barreront la route. La boucle de gameplay est solide, mais très répétitive. Pour avancer vous devez avoir des soldats qui sont au niveau, avec de l’équipement de qualité, ce qui pousse à faire des séances de grind pour évoluer. C’est l’occasion de tester des combinaisons d’escouades et des tactiques inédites, mais cet aspect foncièrement répétitif pourra en rebuter certains. On peut reprocher au jeu certaines lourdeurs, notamment en ce qui concerne le déplacement de nos soldats dans les niveaux visités. Le fait qu’il ne propose pas de localisation en français risque aussi de freiner les ardeurs des non anglophones. Les systèmes proposés sont assez complexes et il faut bien comprendre les tenants et les aboutissants des mécaniques pour apprécier l’expérience. Le studio étudie la possibilité d’une traduction française à l’avenir, tout espoir n’est donc pas perdu. Actuellement le jeu pourra vous tenir occupés pendant 30 à 40 heures. La sortie officielle est prévue pour le 14 septembre prochain. Notez qu’elle sera accompagnée de changements majeurs qui rendront les anciennes sauvegardes incompatibles.
Tenebris: Terra Incognita est un premier jeu ambitieux qui puise ses inspirations dans Darkest Dungeon et Starship Troopers pour livrer un RPG tactique aussi jouissif qu’impitoyable. Sa richesse de personnalisation, ses synergies d’escouade et sa double couche stratégique/tactique en font une vraie réussite pour les amateurs du genre, soutenue par une durée de vie généreuse. Le jeu ne conviendra pas à tout le monde, notamment à cause du grind qu’il impose, mais il sait taper là où il faut pour convaincre une niche bien précise de joueurs. Si vous aimez décortiquer des mécaniques de gameplay complexes pour trouver toutes sortes de combos, et que vous êtes prêts à fermer les yeux sur certaines lourdeurs, alors Tenebris vous retiendra devant votre écran pendant un bon moment.
+ Une personnalisation poussée de son escouade
+ 23 classes
+ Des combats tactiques gratifiants
+ Gérer son vaisseau
+ L’ambiance SF gore
+ Une durée de vie solide