Le studio Abandoned Sheep signe avec Schrodinger’s Cat Burglar son tout premier jeu, un puzzle-platformer en vue à la troisième personne où l’on incarne une chatte infiltrée dans un laboratoire secret. Le titre mise sur une mécanique de dédoublement quantique et un humour bon enfant pour se démarquer. Avec son ambiance qui n’est pas sans rappeler Portal, Schrodinger’s Cat Burglar nous embarque dans une aventure aussi maligne que loufoque.
Le jeu nous place aux commandes de Mittens, la plus grande cambrioleuse féline du monde. Lors d’un casse qui tourne mal dans un mystérieux centre de recherche, notre héroïne se retrouve prise au piège au cœur d’une expérience quantique ratée (ou réussie, tout dépend du point de vue) et acquiert un pouvoir extraordinaire : la superposition, soit la capacité de se dédoubler en deux chats existant simultanément. Épaulée par Lazy Susan, un hérisson malin qui joue à fond la carte des clichés d’espionnage à la Mission Impossible, Mittens devra résoudre les énigmes du laboratoire, échapper aux robots gardant les lieux et à une IA irascible, pour découvrir ce qui se cache derrière ces expériences. Le récit assume pleinement son postulat absurde. Mittens et Suzan parodient volontiers les codes des films d’espionnage et de science-fiction pour des dialogues plein d‘humour. On avance, porté par les mystères cachés dans ce complexe scientifique, en piratant des ordinateurs disséminés un peu partout et en découvrant des informations compromettantes. Mais pour avancer il faut résoudre une ribambelle d’énigmes grâce à nos nouveaux pouvoirs et explorer les niveaux. Notre héroïne à quatre pattes se déplace tout en souplesse, avec une navigation simple et intuitive. Mittens se déplace fluidement, saute automatiquement, ou peut bondir vers une zone éloignée en maintenant une touche. Seul souci, quand plusieurs zones sont à portée il est parfois laborieux de viser la bonne. C’est notre seul regret par rapport à la prise en main qui s’avère tout simplement impeccable. L’essentiel du gameplay repose sur la capacité de Mittens à se dédoubler. D’une simple pression d’un bouton, elle se scinde en deux félins, un orange et un bleu, que l’on dirige indépendamment, chacun assigné à un stick de la manette. Le maniement déroute un peu au début, mais une fois le déclic passé, on prend un malin plaisir à relever les défis qui se dressent devant nous.
Braquage quantique
Chaque félin est soumis à des règles, par exemple certaines portes ne laissent passer que la version bleue ou orange, quand d’autres réclament que nos deux parties soient réunies. De plus, si un double ramasse un objet, sa copie en reçoit également un. Le dédoublement d’objets est ainsi possible pour résoudre certaines énigmes. Les casse-têtes vous demanderont de placer un chat sur une plaque de pression pour lever une barrière, actionner un levier plus loin, puis s’ajoute des objets, comme les poids et les batteries. La montée en difficulté est bien dosée, on ne se sent jamais submergé, même si parfois on peut se perdre dans ce dédale de couloirs. Le jeu sème sur notre route beaucoup de petits défis annexes qui raviront les complétionnistes. Heureusement on retrouve vite son chemin pour poursuivre l’aventure et découvrir de nouvelles mécaniques.
Comme le mode « fantôme » basé sur le principe d’incertitude de Heisenberg. Quand Mittens est dédoublée et que l’une de ses copies est vue par une caméra, l’autre cesse d’exister. Il devient alors possible de traverser certains objets avec la version « qui n’existe pas ». Les murs restent infranchissables, car inamovibles, mais vous pouvez passer au travers des portes, des tables ou des caisses. Le jeu se savoure en solo, en dirigeant les deux chats avec les deux sticks de la manette, et également en coopération. Le second joueur peut prendre le contrôle du deuxième félin à tout moment, localement ou via le Remote Play Together de Steam. La caméra reste très lisible, et l’on salue l’impressionnant éventail d’options d’accessibilité disponibles. L’ensemble est porté par les échanges savoureux entre Mittens, insolente et débrouillarde, et son petit acolyte. Bonne nouvelle, le jeu bénéficie d’une très bonne localisation des sous-titres en français. Pour les bruitages, Schrodinger’s Cat Burglar se concentre sur les miaulements et les feulements de l’héroïne, ainsi que des bips électroniques. Cerise sur le gâteau, vous pourrez débloquer divers accessoires pour embellir votre Mittens.
La direction artistique mignonne et colorée fait mouche. Les environnements fourmillent de détails et donnent envie d’y semer la pagaille (renverser les tasses et les chaises demeure un plaisir coupable tout au long du jeu). Mittens est superbement animée et se déplace avec beaucoup de naturel.
La mécanique de dédoublement quantique est une idée brillante, très bien exploitée par le studio. Les énigmes sont exigeantes sans jamais devenir frustrantes, et l’introduction progressive de nouveaux systèmes maintient l’intérêt du début à la fin. On prend beaucoup de plaisir à vivre cette aventure, que ça soit en solo ou à deux.
La bande-son colle parfaitement au ton décalé du jeu et accompagne agréablement la progression. Les effets sonores de leur côté se concentrent sur les miaulements de Mittens et quelques bruitages robotiques. L’ensemble nous plonge dans une atmosphère dynamique enrobée de science-fiction.
Comptez entre 9 et 12 heures pour boucler l’histoire, et jusqu’à une quinzaine d’heures pour dénicher tous les collectibles, fragments quantiques et zones cachées. Une durée de vie généreuse pour le genre, appuyée par une belle rejouabilité en coopération et de nombreuses options de personnalisation à débloquer.
Schrodinger’s Cat Burglar nous invite à une aventure pleine de charme et d’intelligence. Le jeu séduit immédiatement par son adorable personnage principal, son ambiance et son idée de dédoublement quantique. Le gameplay exploite ce concept avec une inventivité constante et un excellent dosage de la difficulté. Les diverses énigmes, les personnages loufoques et les nombreuses options d’accessibilité en font un titre attachant, aussi plaisant en solo qu’à deux.