Megapop et Kasedo Games nous proposent avec Life Below un city-builder atypique qui se passe sous l’eau. Oubliez les gratte-ciels et les routes encombrées et partez découvrir des récifs coralliens en détresse. L’objectif est de préserver ces écosystèmes fragiles et leur biodiversité.
Dans un contexte où les océans sont en danger, le jeu nous place dans la peau de Thalassa, un esprit de l’eau promu par Gaïa au rôle de Gardien de récif. Avec l’aide de vos compagnons, les Sylphes de l’eau, et les conseils de Pontus, un autre Gardien bien plus expérimenté, votre mission est de redonner vie aux fonds marins. Tout commence avec le mystérieux Cœur du récif, une structure qui donne naissance aux Sylphes et sert de centre nerveux à tout votre écosystème. Le jeu mélange habilement plusieurs couches de gameplay. Tout d’abord, vous avez la récolte de ressources grâce aux Sylphes. Tout comme dans Anno ou Factorio, il faut construire diverses infrastructures pour générer des ressources, puis les transformer dans des versions plus évoluées. Vous devrez principalement vous appuyer sur du corail et des perles, avec aussi des bâtiments servant de stockages universels. Sans oublier ceux vous permettant de générer de l’énergie. Les Sylphes s’occupent de tout avec efficacité, sans avoir besoin de se reposer, ni de manger. Chaque occasion de grossir leur nombre est bonne à prendre. Ensuite, vous devrez accueillir des espèces marines pour développer votre récif. Vous devrez donc construire des habitations, comme des anémones, prévoir des algues pour la nourriture et préparer des appâts pour attirer différents types d’animaux. Si toutes ces conditions sont bien remplies vous gagnerez des points de diversités. Ces points sont une ressource cruciale car ils vous permettent d’effectuer des recherches pour débloquer de nouvelles possibilités. Ils servent également à acheter de nouveaux récifs.
Les récifs correspondent à différents biomes : coralien, rocheux, désertique, arctique, etc. Chacun d’eux a ses avantages. Par exemple, le biome arctique demande d’abaisser la température pour pouvoir être exploité, mais une fois cela fait il procure un bon nombre de ressources. Chaque biome a un niveau correspondant au type de faune qu’il peut accueillir : basique, intermédiaire ou avancée. Au total, c’est plus de 40 espèces animales différentes qui vous attendent : des tortues, aux hippocampes, en passant par des crabes coralliens, des baudroies, ou des requins-marteaux. Chaque structure et espèce a un impact sur son environnement. Car pour offrir un lieu de vie adapté à vos chers pensionnaires il faut surveiller la température et le niveau de pH. Heureusement, certains types de coraux servent à modifier ces facteurs en les augmentant ou en les diminuant. Il peut aussi arriver que des catastrophes impactent une zone et vous obligent à les construire en urgence. Par exemple, une vague de froid pourra vous contraindre à construire des coraux chocho pour augmenter la température. Une fois l’événement terminé vous aurez juste à les désactiver pour éviter que la température monte trop haut. La boucle de gameplay n’est pas très compliquée à apprivoiser et globalement le jeu propose une expérience décontractée. Cela nous laisse le temps d’admirer la faune et la flore grâce à l’option de caméra dynamique qui nous plonge au cœur de nos récifs. La progression se fait en douceur, le jeu adopte un rythme volontairement posé, presque méditatif, qui tranche avec la tension souvent présente dans les jeux de gestion.
Un écosystème à apprivoiser
Life Below s’appuie sur une direction artistique colorée et apaisante qui met en avant la beauté des profondeurs, tout en rappelant leur fragilité. L’ambiance s’avère particulièrement immersive, avec des environnements sous-marins regorgeant de détails et de vie, donnant l’impression d’observer un aquarium géant en constante évolution. La bande-son, composée à partir de sons sous-marins authentiques, renforce cette immersion et participe à cette sensation de sérénité. Le titre a un rythme assez lent, mais propose suffisamment de recherches et d’évolutions pour garder notre intérêt en permanence. Certaines espèces demandent des appâts spéciaux pour être attirées. Une fois intégrées au sein de notre écosystème elles débloquent de nouvelles possibilités d’amélioration. En plus d’accéder à de nouvelles structures, vous pourrez renforcer les capacités des Sylphes et améliorer la résilience de votre écosystème. Il faudra prévoir beaucoup de corail énergétique pour faire fonctionner tout ça. Heureusement l’approvisionnement en ressource ne constitue pas un réel problème. Pour progresser vous devrez également redonner vie à des biomes en ruine, en les nettoyant et en les réhabilitant. L’aire de jeu est suffisamment étendue pour renforcer le sentiment d’exploration et de diversité. Vous trouverez une option pour faire migrer vos espèces d’un lieu à l’autre, afin de contrôler finement la population des différentes zones en votre possession. Ceci peut s’avérer décisif à certains moments de la partie, lors de l’apparition des espèces invasives. En effet, ce type spécifique de catastrophe risque de mettre vos nerfs à rude épreuve si vous n’y êtes pas préparé.
Par exemple, l’invasion de méduses peut être contrée par des tortues ayant évoluées pour devenir insensibles à leurs piqures. Pour protéger l’ensemble de vos récifs de cette menace vous devrez soit héberger des tortues dans chaque recoin, soit en faire migrer une partie pour combattre l’invasion dans la zone menacée. Ces situations peuvent être assez stressantes car le jeu n’explique pas en détail ces mécaniques. C’est d’ailleurs le principal reproche qu’on peut faire à Life Below. Si la direction artistique est réussie, l’interface et la lisibilité de certaines informations laissent parfois à désirer, ce qui complique la prise en main dans les moments clés. Il s’agit de petits détails, comme les menus de construction et d’installation d’appâts. Dans le premier vous trouverez toutes les informations relatives à l’appâts (le nombre et les types d’espèces attirées), mais pas dans le second. Ce qui nous oblige à faire des aller-retours pour avoir la certitude que l’appât qu’on s’apprête à utiliser est bien le bon. On a parfois bien du mal à trouver les informations qu’on recherche. Les débutants pourraient se retrouver perdus devant un certain manque d’explications. La prise en main est aussi perfectible. Le titre ne permet pas d’utiliser les flèches pour contrôler la caméra, malgré l’option de réaffectation des touches. Tout ceci pourrait être patché dans de futures mises à jour et en l’état Life Below est déjà une excellente surprise, apportant un vent de fraicheur dans le genre des city-builders.
Les fonds marins sont superbement représentés, avec des couleurs vibrantes et une vraie sensation de vie. Le rendu visuel s’avère cohérent et immersif, même si l’interface manque parfois de lisibilité.
Le concept d’écosystème vivant se révèle brillant et apporte une vraie fraîcheur au genre. Life Below propose un contenu varié et de nombreux défis à surmonter. Toutes les mécaniques ne sont pas limpides, mais une fois familiarisé avec le gameplay on prend beaucoup de plaisir à voir grandir son écosystème.
Le titre de Megapop propose une bande-son immersive et apaisante, enrichie par des sons sous-marins authentiques qui renforcent l’atmosphère contemplative. Une balade sous l’océan relaxante qui fait du bien.
Entre la campagne narrative et le mode libre, le contenu est solide et vous aurez de quoi vous occuper de nombreuses heures. Toutefois malgré des cartes qui se renouvèlent, la répétitivité et le rythme lent du jeu peuvent limiter l’engagement sur le long terme.
Life Below propose une variation ambitieuse du city-builder en mettant l’accent sur la préservation des écosystèmes plutôt que sur leur exploitation. Son ambiance apaisante et sa direction artistique séduisent immédiatement, tandis que son gameplay systémique apporte une réelle profondeur stratégique. Toutefois, son rythme contemplatif et sa complexité peuvent rebuter une partie des joueurs, tout comme ses petits soucis d’ergonomie. Mais ces quelques défauts sont largement compensés par le plaisir de voir grandir la faune et la flore de nos récifs, avec une diversité qui donne envie de pousser l’aventure toujours plus loin. Les heures défilent à toute vitesse dans cette expérience posée et pleine de surprises, qui saura conquérir à coup sûr les fans de city-builders atypiques.