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"Si on prend Jurassic World Evolution 3 en tant que tel, ce volet de la saga est un franche réussite. Plus beau, plus complet, plus généreux, il fera le bonheur des gestionnaires et des créatifs grâce ses outils de construction modulaire et de terraformation. L’arrivée des bébés dinosaures et du système de reproduction insufflent une nouvelle dynamique"
Geek4Life
TEST : Jurassic World Evolution 3

Frontier Developments revient pour le troisième volet de sa saga de jeux de gestion où les dinosaures sont rois. Jurassic World Evolution 3 ne réinvente pas la formule, il l’affine, l’embellit et y greffe enfin la nouveauté que beaucoup attendaient, les bébés dinosaures. Le résultat est l’épisode le plus abouti et le plus séduisant de la série, même s’il conserve quelques lourdeurs que les amateurs de gestion pointue regretteront sans doute.

Héritier direct des films, le jeu nous place dans la peau d’un gestionnaire de parc chargé de bâtir, peupler et faire prospérer son propre Jurassic World. La campagne se déroule après les événements de Jurassic World : Le Monde d’après. Les dinosaures vivent désormais en liberté à travers la planète et vous parcourez le monde pour tenter de réhabiliter et d’intégrer ces créatures dans le monde moderne. Préparez-vous à visiter une dizaine de lieux, des badlands du Montana à Las Vegas, en passant par le Japon, Hawaï ou l’Europe. Les environnements varient, comme les défis que vous devez relever, sous le regard attentif de trois factions aux intérêts divergents : les pro-conservation, divertissement et sécurité. Jeff Goldblum reprend son rôle culte du Dr. Ian Malcolm, dont l’ironie désabusée vient ponctuer vos missions de quelques répliques savoureuses. L’ambiance de ce nouveau volet est une grande réussite. Les effets sont saisissants, que ce soit pour les jeux de lumière, les mouvements de l’eau, la végétation luxuriante, ou bien sûr le rendu des différents dinosaures. On passe d’une végétation luxuriante d’un parc japonais sous les cerisiers en fleurs aux sables brûlant du Nevada avec le même émerveillement ! On observe les vélociraptors qui se poursuivent entre les arbres, les troupeaux de tricératops qui se rafraîchissent au bord d’un lac et les brachiosaures qui dominent le paysage de toute leur hauteur. Le mode première personne permet de déambuler dans ses allées, ou de prendre les commandes de véhicules de rangers, pour contempler le spectacle. L’IA a progressé, les créatures interagissent entre elles et réagissent aux visiteurs, ce qui rend le parc encore plus vivant. Clairement Jurassic World Evolution 3 pousse encore d’un cran le réalisme et l’immersion, avec en prime une excellente bande-son et une narration entièrement doublée en français.


La vie a trouvé son chemin

Car la grande nouveauté, ce sont les nouveau-nés dinosaures. Pour la première fois, les créatures possèdent des variantes mâle, femelle et juvénile, et peuvent se reproduire. Pour cela il faut des mâles et des femelles compatibles, qui sont suivis par des équipes médicales, et un nid adapté. Vous verrez alors éclore d’adorables petits, qui raviront le cœur des visiteurs. Mais au-delà d’être extrêmement mignons, ces bébés sont surtout plus fragiles. Vous devrez en prendre grand soin, notamment en vous assurant qu’ils ne tombent pas malades, ce qui complexifie la gestion. Une couche de complexité supplémentaire qui fait plaisir, car il faut bien reconnaître que le jeu n’oppose que peu de challenge aux joueurs expérimentés. On peut aussi reprocher au titre certaines lourdeurs dans les menus et une ergonomie parfois pataude. Mais dans l’ensemble l’expérience est plaisante que ce soit avec le duo clavier-souris ou à la manette. Vous aurez deux approches pour développer votre écosystème de dinosaures. D’un côté, la méthode classique de naissance en laboratoire, plus onéreuse mais permettant de manipuler le génome. De l’autre, la méthode naturelle avec la nidification, où l’on laisse la nature opérer. Les juvéniles héritent de traits comportementaux ou esthétiques de leurs parents, ce qui peut apporter de belles surprises pendant les croisements. Concrètement, même si cela ne révolutionne pas l’expérience, cet ajout est parfaitement intégré dans le gameplay et la narration du jeu. Les bébés dinosaures sont vraiment mignons à voir et on a vraiment l’impression de contempler des écosystèmes vivants. Le reste du gameplay reprend la boucle éprouvée de la série. Construire son infrastructure, tracer des allées, fouiller des sites paléontologiques, extraire l’ADN, synthétiser les espèces, puis répondre à leurs besoins (alimentation, environnement, cohabitation, ratio social) tout en maintenant la rentabilité en garantissant la satisfaction des visiteurs et surtout leur sécurité, car une évasion peut vite virer au cauchemar.

Un écosystème vivant et sublime

Le plus gros du travail sera effectué par vos scientifiques qui disposent de différentes spécialisations. Ils peuvent ainsi couvrir tous les besoins pour la recherche scientifiques, l’archéologie, la découverte des génomes des différentes espèces et la gestion des naissances. Les équipes de Frontier Developments ont enfin eu la bonne idée d’automatiser les tâches rébarbatives. Désormais les équipes de surveillance et de réparation peuvent être assignées à des bâtiments pour automatiser leurs actions. Ce qui nous laisse plus de temps pour admirer notre parc et ses créatures. Le jeu propose plus de 85 espèces préhistoriques, terrestres, aériennes et marines, dont 75 que vous pouvez élever sur plusieurs générations. De nouvelles attractions pour les invités font aussi leurs apparitions, comme la balade en montgolfière, avec également l’ajout de nouveaux outils de terraformation. Vous pourrez modeler le terrain selon vos envies pour creuser des canyons, dresser des falaises ou générer des cascades. Les possibilités sont impressionnantes, même si on aurait aimé une gestion plus fine du pinceau. Vous profiterez également d’un système de construction entièrement modulaire, vous permettant de bâtir le parc de vos rêves pièce par pièce. Ces outils de construction hérités de Planet Zoo et Planet Coaster apportent beaucoup de liberté dans la création avec de nombreuses catégories (mur, toit, panneau, statue, végétation, etc.) mais demandent un certain temps pour être parfaitement maîtrisés. Dommage que le titre ne propose quasiment pas de préfabriqués tout prêts, il faut tout construire soi-même, ou compter sur le Workshop. Ce dernier vous permettra d’ailleurs de télécharger des parcs entiers pour profiter des créations d’autres joueurs. Vous pourrez plonger dans la campagne, qui sert au final de didacticiel géant, pour découvrir en douceur toutes les nouveautés, ou vous familiariser avec le gameplay si vous n’avez pas parcouru les précédents opus. Cette campagne ne propose pas d’histoire à proprement parlé, mais a le mérite de s’inscrire dans la continuité des films et de vous opposer une organisation qui prétend défendre les intérêts des dinosaures. Pour les habitués vous pourrez partir directement sur le mode bac à sable, ou défis pour mettre vos talents de gestionnaire à l’épreuve à travers une dizaine de scénarios.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 17/20

C’est le plus bel épisode de la saga, et de loin. Modélisation des créatures somptueuse, environnements variés et lumineux, mode première personne qui sublime l’ensemble. Les outils de création modulaire et de terraformation donnent la possibilité aux plus perfectionnistes de créer un parc à la hauteur de leurs exigences.

Gameplay & prise en main : 17/20

Le jeu améliore la formule par petites touches très bienvenues pour nous simplifier la vie. Les réelles nouveautés (reproduction, gestion des juvéniles, construction modulaire, terraformation) sont peu nombreuses mais s’intègrent parfaitement à l’expérience. Le titre associe réalisme, créativité et liberté pour notre plus grand plaisir, même si l’ergonomie se révèle parfois bien pataude.

Musique et bruitages : 17/20

L’habillage sonore colle parfaitement à l’univers avec des bruitages saisissants. Les musiques et les excellents doublages en français achèvent de nous immerger dans cette ambiance impressionnante. Les fans se réjouiront également du retour du personnage du Dr Ian Malcolm (doublé par Bernard Lanneau en français et Jeff Goldblum en VO).

Durée de vie : 17/20

Entre une campagne mondiale conséquente, le mode défi, et surtout un bac à sable doté d’un générateur d’îles aléatoires, avec plus de 85 espèces à découvrir, les amateurs du genre pourront engloutir dans le jeu des dizaines, voire des centaines d’heures. Surtout que la présence du Workshop est là pour compléter l’expérience. En revanche n’attendez pas des mécaniques de gestion ultra-poussées, ni beaucoup de difficulté, le jeu voulant avant tout être accessible.

Note pour ce test : 17/20

Si on prend Jurassic World Evolution 3 en tant que tel, ce volet de la saga est un franche réussite. Plus beau, plus complet, plus généreux, il fera le bonheur des gestionnaires et des créatifs grâce ses outils de construction modulaire et de terraformation. L’arrivée des bébés dinosaures et du système de reproduction insufflent une nouvelle dynamique dans la gestion de son parc, en plus de proposer des petits dino absolument adorables. Mais si on le compare au deuxième volet il faut reconnaître que les nouveautés sont maigres. L’expérience globale a été améliorée, mais le jeu souffre encore de certaines lourdeurs et imprécisions. Les plus exigeants pourront regretter des mécaniques de jeu peu complexes qui manquent parfois de profondeur. Jurassic World Evolution 3 s’adresse avant tout aux personnes cherchant le dépaysement et l’émerveillement. Là-dessus le titre est irréprochable et séduit immédiatement par sa direction artistique et le soin apporté à ses nombreuses créatures. L’impression de développer de véritables écosystèmes est saisissante. Sans être une révolution, ce nouveau volet permet à la saga de franchir un nouveau cap dans l’aboutissement de la série et pourra retenir les fans des dizaines, voire des centaines, d’heures devant leurs écrans.

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