Avec The Last Caretaker, Channel37 signe un premier projet ambitieux qui mêle survie, exploration et science-fiction dans un univers aussi mélancolique que fascinant. Le jeu nous propulse dans un futur lointain où la Terre a été engloutie par les océans et les humains ont disparu depuis bien longtemps. Vous incarnez le dernier Gardien (« Caretaker »), une machine chargée d’une mission capitale : tout mettre en œuvre pour préparer la renaissance de l’humanité.
Derrière cette prémisse ambitieuse se cache une expérience de survie atypique qui nous plonge dans une ambiance intrigante. Ici, pas besoin de trouver de quoi manger ou boire. Notre survie dépend de notre capacité à nous alimenter en énergie, car toutes les actions en consomment. Il faut donc bien prévoir ses expéditions d’exploration pour ne pas tomber à cours. Il faut aussi surveiller sa barre de santé qui sera malmenée par les nombreuses rencontres hostiles. Vous allez croiser différentes sortes d’ennemis, à commencer par des espèces variées de pieuvres biomécaniques. La différence réside dans le type de créatures qu’elles relâchent quand vous les attaquez. Les bleues déversent de petits robots arachnoïdes, les rouges pondent des limaces et les vertes de grosses mouches empoisonnées. Vous croiserez aussi des blobs qui se divisent et s’agglomèrent, ainsi que des requins mécaniques qui sillonnent les mers. En cas de décès on repart au dernier point de sauvegarde. Le jeu en dissémine uniquement dans des lieux clés et il n’est pas possible de sauvegarder quand on le souhaite.
Notre objectif est double : assurer notre propre fonctionnement, tout en réparant et en relançant des installations abandonnées, pour faire germer les ultimes graines de l’humanité. Cette quête nous fera voyager en solitaire, sur un bateau entièrement aménageable, pour visiter de larges complexes perdus sur la carte. Les débuts s’avèrent laborieux. La prise en main est difficile, à cause d’une interface peu pratique, et le jeu ne nous explique pas grand-chose. Il va falloir se montrer débrouillard et persévérant. Heureusement, quelques conseils et objectifs nous guident dans la bonne direction. L’univers de The Last Caretaker impressionne dès les premières minutes. L’océan semble s’étendre à l’infini, ponctué uniquement par des vestiges rouillés de l’ancienne civilisation. Cette immensité maritime crée un sentiment de solitude particulièrement réussi. Le joueur se retrouve constamment partagé entre l’émerveillement de la découverte et une certaine mélancolie face aux ruines d’un monde disparu. Ce calme relatif est ponctué par les nombreuses confrontations avec la faune hostile et la météo changeante.
Une odyssée maritime aussi fascinante qu’inquiétante
Être pris en plein orage, avec la houle et les éclairs, s’avère impressionnant, notamment grâce à d’excellents bruitages. Dommage que la partie dédiée au corps-à-corps ne soit pas aussi convaincante. Les sensations sont imprécises et le son des impacts ne colle pas du tout. Clairement il y a du boulot sur cette partie, mais sinon notre robot se comporte très bien quand il s’agit de tirer ou de pratiquer l’athlétisme. Car vous aurez des sessions de plateforme à accomplir pour atteindre certaines zones. Ces moments d’exploration constituent un des points forts de l’aventure grâce à l’architecture des bâtiments. Chaque structure visitée possède sa propre identité et raconte une partie de l’histoire du monde, renforçant notre implication et l’envie d’aller toujours plus loin. Le gameplay repose sur plusieurs mécaniques complémentaires. La collecte et le recyclage occupent une place centrale. Presque tout peut être démonté pour récupérer des matériaux servant à fabriquer outils, armes, modules énergétiques ou équipements avancés. La gestion des ressources est primordiale.
The Last Caretaker nous demande de gérer de l’énergie solaire et éolienne, de l’eau et différents types de carburant. Tout ceci afin d’exploiter diverses matières premières (fer, cuivre, plastique, tissu, matière organique, etc.) pour les transformer en quelque chose d’utile. Cela permet de faire grimper une jauge d’expérience, qui se remplit également en accomplissant nos quêtes, pour améliorer notre robot et débloquer de nouvelles recettes. La progression procure un sentiment constant d’accomplissement. Chaque amélioration débloque de nouvelles possibilités d’exploration, de construction ou de survie. Le jeu parvient ainsi à maintenir notre motivation pendant de nombreuses heures, malgré un rythme relativement contemplatif. Les amateurs d’action permanente risquent de trouver l’aventure assez lente. Le jeu privilégie une aventure posée, misant sur l’immersion et l’exploration. The Last Caretaker réussit son pari de nous plonger dans une ambiance viscérale, faite de solitude et de labeur, avec une tâche titanesque à accomplir. Il faut toujours aller de l’avant, avec patience, car on ne peut compter que sur soi. Channel37 est en très bonne voie pour réaliser un survival-game de haute volée. Le studio ne rechigne pas à la tâche pour y parvenir, avec des mises à jour régulières et beaucoup d’implication.
The Last Caretaker propose une vision originale du jeu de survie en nous faisant incarner un robot ayant une mission capitale : sauver l’avenir de l’humanité. Son univers océanique, son ambiance soignée et ses mécaniques de gestion lui confère une identité forte lui permettant de se démarquer dans un genre pourtant très concurrentiel. Pour vraiment apprécier l’expérience il faut être à la recherche d’une aventure au rythme plutôt lent, où chaque pas est laborieux mais ouvre sans cesse de nouvelles perspectives. Un sentiment de progression très gratifiant se dégage de chaque palier franchi. On regrette juste que la partie dédiée au corps-à-corps soit si peu satisfaisante. Mais le cœur du jeu n’est pas là. Les amateurs d’exploration, de crafting et de science-fiction trouveront ici une aventure particulièrement séduisante, qui mérite déjà le détour malgré son statut d’accès anticipé.
+ Un univers post-apocalyptique fascinant
+ Une ambiance immersive et mélancolique
+ Des mécaniques de survie profondes
+ Un sentiment de progression gratifiant