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"Pax Autocratica se révèle être une belle surprise qui réussit à imbriquer habilement les deux aspects de son gameplay. La partie dédiée à la gestion de la colonie et la conquête arme à la main se nourrissent réellement l’une de l’autre pour nous offrir une expérience très immersive."
Geek4Life
TEST : Pax Autocratica
(Accès anticipé)

Le studio Multiverse, qui assure à la fois le développement et l’édition, nous propose un jeu hybride audacieux. Mélangeant simulation de colonie totalitaire et FPS à la sauce roguelike, Pax Autocratica vous place à la tête d’un avant-poste dans un système stellaire éloigné de la Terre. Vous devez conquérir le système de Tyris coûte que coûte, quel qu’en soit le prix humain.

L’ouverture du jeu nous place en très fâcheuse posture : votre colonie a subi une violente attaque des Urslans et vous êtes le seul et unique survivant. Or ces extraterrestres ne connaissent pas la pitié, soit ils tuent, soit ils convertissent leur cible. Votre survie miraculeuse et votre soudaine amnésie ne plaident pas en votre faveur. Alors que vous êtes sur le point d’être exécuté, vous êtes sauvé in extrémis car les lignes de défense ont besoin de bras supplémentaires pour repousser une attaque surprise. Après le succès de cette mission servant de didacticiel, vous êtes déclaré innocent et promu commandant de l’avant-poste du système de Tyris. Tous vos prédécesseurs ont péri durant l’entreprise, mais vous n’avez pas vraiment votre mot à dire, quand le Père donne un ordre il faut obéir. Cette figure tutélaire de l’humanité fonde de grands espoirs pour Tyris qui pourrait devenir une zone essentielle au développement de l’empire. Vous devez donc reprendre les rênes de votre avant-poste en ruine, le remettre en état, puis partir à la conquête de l’ensemble du système. L’ambiance emprunte beaucoup à un imaginaire SF totalitaire, comme Starship Troopers, avec sa propagande omniprésente, son autoritarisme de fer et ses conscriptions forcées à coup d’endoctrinement. L’ensemble est passé au filtre d’une satire grinçante.



Le jeu se divise en deux parties, la gestion de la base et l’exploration spatiale. La première vous fait construire toutes sortes d’infrastructures pour développer votre colonie : des baraquements, pour accueillir vos recrues à qui vous pourrez confier diverses tâches, la cuisine et le réfectoire, pour les nourrir, un centre de récolte pour les ressources, des prisons pour convertir vos détenus, des bâtiments pour obtenir des améliorations, etc. D’un côté, on retrouve les éléments classiques concernant la gestion d’une base et d’une équipe, tandis que de l’autre, on a aussi beaucoup d’options pour renforcer ses soldats, ses vaisseaux, obtenir des armes lourdes et améliorer ses propres capacités. L’aspect humain est aussi important. Même si notre régime est totalitaire, trop tirer sur la corde aura de lourdes conséquences. Vous pouvez par exemple définir 23 heures de travail quotidien, mais le moral et l’efficacité de votre main d’œuvre ne tiendra pas bien longtemps. Idem pour les prisonniers que vous pourrez essayer de convaincre par le dialogue, ou en les électrocutant avec le risque qu’ils n’en réchappent pas. Le jeu nous donne donc une certaine latitude quant à la marche à suivre pour faire tourner notre base. Pax Autocratica n’est d’ailleurs pas avare en conseils et didacticiels pour nous aider.

Rejoins le combat, citoyen !

Il faudra bien gérer la peur et le bonheur de vos conscrits, savoir manier aussi bien la carotte que le bâton. Ce qui rend le tout vivant, c’est que nos citoyens ont des préférences, ils peuvent forger des liens d’amitié et plus si affinité. Quand vous décidez de partir en mission vous pouvez choisir qui vous accompagne, pendant que les autres continueront à travailler dans la colonie. L’autre moitié du jeu vous arrache à vos plans d’urbanisme, vos recherches et vos décrets, pour vous coller une arme entre les mains, à la première personne. Vous quittez la colonie avec votre navette spatiale pour explorer une vaste carte stellaire parsemée de points d’intérêt. Il peut s’agir de planètes fertiles, de bases de recherche, de ceintures d’astéroïdes à miner, ou d’autres opportunités à saisir pour gagner des ressources et du matériel. Il existe également des zones à risque, comme des avant-postes ennemis ou des planètes hostiles. Le jeu passe alors en mode FPS où vous et votre équipe devez nettoyer la zone. Sans atteindre les sensations des meilleurs jeux du genre, Pax Autocratica propose un gameplay nerveux et immersif. Au cours de l’expédition vous collecterez des noyaux d’amélioration temporaires, pour construire votre build de combat.

Comme dans un roguelike, si vous mourez ou décidez de rentrer à votre base, votre expédition sera terminée et vous perdrez vos noyaux. Vous devrez tout recommencer pour la prochaine expédition, mais les ressources récoltées pour votre colonie seront conservées. Améliorer votre base pour avoir de meilleurs soldats et équipements est indispensable pour prolonger les expéditions jusqu’à atteindre le boss du secteur. La montée en puissance des combats est spectaculaire. On commence par des escarmouches de quelques troupes, dans des lieux clos, pour basculer progressivement vers des champs de bataille mécanisés à grande échelle, saturés d’infanterie, de chars et de mechs. Une expérience grisante, qui récompense nos efforts de gestionnaire. La boucle de gameplay fonctionne remarquablement bien. Une colonie bien gérée peut compter sur des troupes et des armes puissantes pour s’enfoncer toujours plus loin dans les secteurs de Tyris. Actuellement le jeu compte 3 secteurs, avec un quatrième qui sera ajouté durant l’accès anticipé. Les équipes de développement prévoit aussi d’inclure un mode coopératif, qui lui est prévu après la sortie officielle. Aucune date n’est avancée pour l’instant par Multiverse sur le temps qui sera consacré à l’accès anticipé. Les mises à jour s’enchaînent à un rythme soutenu, avec des correctifs et surtout des rééquilibrages. Un début prometteur qui donne envie d’en voir plus.

Jean Marc Pichot
Note pour ce test : 16/20

Pax Autocratica se révèle être une belle surprise qui réussit à imbriquer habilement les deux aspects de son gameplay. La partie dédiée à la gestion de la colonie et la conquête arme à la main se nourrissent réellement l’une de l’autre pour nous offrir une expérience très immersive. Libre à nous de gérer notre colonie d’une main de fer impitoyable ou avec compassion, dans une ambiance satirique savoureuse. L’autre point fort du jeu, ce sont ses champs de bataille à grande échelle, où nos soldats et nos véhicules affrontent des hordes d’extraterrestres sous un déluge de balles, de tirs de laser et de missiles. Pax Autocratica n’est pas parfait, ce n’est ni le meilleur colony sim, ni le meilleur FPS, mais la combinaison des deux crée une boucle de gameplay aussi addictive que fun. Nous avons hâte de découvrir l’évolution de cet accès anticipé.

+ La synergie entre les 2 types de gameplay
+ La capture des ennemis
+ Une colonie vivante
+ Des champs de bataille à grande échelle
+ L’ambiance satirique

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