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"Shards of Order est une très bonne surprise pour les fans de deckbuilding, surtout pour celles et ceux cherchant autre chose qu’un roguelike. Avec son gameplay malin, supprimant les tours et la réserve de mana, le jeu change la dynamique traditionnelle des combats."
Geek4Life
TEST : Shards of Order

Le studio Fardust nous proposer un deckbuilder RPG qui bouscule les règles établies. Shards of Order nous plonge dans une ambiance dark fantasy pour nous faire vivre une aventure morbide, qui ne s’appuie pas sur un système roguelike.

Il est important d’insister sur ce point avant d’entrer dans le vif du sujet : Shards of Order n’est pas un deckbuilder roguelike, mais un deckbuilder RPG. Vous ne trouverez aucune permadeath, aucune métaprogression, aucune avalanche de bonus pour gonfler la durée de vie. Shards of Order propose une campagne, pas un système de runs. Le titre tente une approche originale en termes de mécaniques, sans tour, ni points de mana. À la place, un compteur de temps est lié à chaque action ennemie, que chaque carte jouée fait avancer. Le temps est ici votre ressource la plus précieuse. Une proposition intéressante, servie par un monde en décomposition, où la mort elle-même a disparu. L’aventure démarre fort, alors qu’on nous jette dans une fosse, après nous avoir arraché notre identité. Perdu dans ce gouffre rempli de monstres, amnésique, nous n’avons d’autre choix que de nous battre et essayer de trouver des alliés. L’ambiance du jeu est une vraie réussite pour qui aime les univers viscéraux et délétères. Un savoureux mélange de Lovecraft et de Darkest Dungeon, porté par une bande-son absolument magistrale. Attention toutefois, le jeu contient pas mal de violence graphique (démembrements, entrailles pendantes, ennemis réduits en bouillie, etc.), âmes sensibles s’abstenir.



Rebaptisé Soldat, notre héros va errer un petit moment dans ce gouffre avant de trouver ses 2 compagnons : L’Exilée, l’archère du groupe, et l’Erudit, le magicien. Chacun a son gameplay propre et ses cartes, mais vous ne jouez qu’un seul deck durant les combats. Le Soldat sert de tank et possède des attaques puissantes qui augmentent sa jauge de rage. Une fois pleine celle-ci accorde une action bonus dépendant de l’arme équipée. L’Exilée peut affaiblir les ennemis et doit gérer les flèches dans son carquois. Certaines cartes en ajoutent, d’autres en nécessitent, comme le tir de barrage qui vous fait tirer toutes vos flèches, avec un bonus de dégâts pour chaque tir. De son côté l’Erudit sert de couteau-suisse, capable de ralentir les ennemis, accélérer la pioche, faire d’importants dégâts, voire empoisonner les ennemies. Les cartes utilisées par les personnages génèrent du mana d’une certaine couleur : rouge pour le Soldat, vert pour L’Exilé et bleu pour l’Erudit. Notre magicien dispose de sorts consommant tout ou partie de cette réserve pour améliorer ses capacités. Au fil de l’aventure chaque héros gagne des points d’expérience que vous pouvez dépenser dans son arbre de compétences. Ainsi vous débloquerez de nouvelles cartes ou pourrez en améliorer certaines.

Un monde en ruine où l’espoir se meurt

Vous construirez votre deck pas à pas, avec très peu de restrictions. Vous pouvez favoriser un héros si vous le souhaitez, vous devez simplement avoir un minimum de cartes dans votre deck. Il est aussi possible de rembourser les points d’expérience dépensés pour réorienter sa stratégie. Dans cette aventure glauque et brutale, vous serez parfois confronté à des dilemmes, comme sauver une personne plutôt qu’une autre, ou essayer de discuter avant de frapper. Cela peut amener à des récompenses qui influent sur la façon de jouer. Par exemple, vous pourrez choisir de sauver une herboriste pour recevoir une carte de soin, ou un boulanger pour obtenir une carte améliorant la force. Cela renforce l’immersion et fonctionne bien avec le système d’équipement. Chaque personnage peut recevoir une arme, une armure et un souvenir. Ces éléments ne sont pas de simples bonus de dégâts ou d’endurance, mais changent la façon dont les héros se jouent. Pour le Soldat, allez-vous choisir une épée qui génère une puissante attaque quand vous atteignez 7 de rage, ou une autre qui augmente un peu votre force pour seulement 3 en rage ? Préférez-vous pour l’Exilée un grand carquois pour faire de gros dégâts avec le tir de barrage, ou un plus petit capable de générer gratuitement du bouclier ?



Le jeu regorge de stratégies potentielles et de synergies. Les amateurs de deckbuilding en auront pour leur compte, même s’ils retrouveront de nombreux éléments de gameplay déjà bien connus pour le genre. Heureusement, le système de compteur de temps et les équipements apportent une dimension originale aux affrontements. La difficulté est plutôt bien dosée, mais les habitués risquent de trouver l’ensemble trop facile. Il est possible de « casser » le jeu avec des combos dévastatrices. Certains decks sont plus viables que d’autres et le jeu manque parfois d’équilibrage et de clarté dans ses mécaniques. Davantage d’infobulles n’aurait pas été un luxe. On regrette aussi l’impossibilité de faire des sauvegardes manuelles. En revanche, Shards of Order profite d’une excellente localisation française. Le jeu dispose de plusieurs fins et d’une durée de vie très correcte. Comptez entre 10 et 15 heures pour en voir le bout. Vous pourrez retenter l’aventure pour expérimenter de nouveaux choix narratifs, mais cela reste assez limité. La rejouabilité laissera donc de marbre beaucoup de joueurs qui auront épuisé le gameplay pendant leur première campagne, grâce à la possibilité de rembourser les points d’expérience dépensés. Malgré ces soucis Shards of Order offre une expérience solide à petit prix, à faire au moins une fois.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 16/20

La direction artistique dark fantasy est remarquable, avec des décors soignés et un bestiaire grotesque à souhait. Les combats s’avèrent bien dynamiques grâce au travail apporté aux animations. Le rendu dépasse largement les standards du genre.

Gameplay & prise en main : 16/20

Le compteur de temps et l’absence de mana apportent une touche originale au gameplay qui fonctionne à merveille. De plus, le système de deck partagé entre les héros et les nombreuses stratégies possibles offrent énormément de richesse au jeu. Toutefois, l’ensemble est moins bien équilibré que les ténors du genre.

Musique et bruitages : 17/20

L’ambiance tribale symphonique de la bande originale colle parfaitement au cadre dark fantasy, avec en prime des chœurs installant une gravité quasi liturgique et des bruitages impeccables. Un travail sonore magistral qui hisse le titre bien au-dessus de sa catégorie de prix.

Durée de vie : 14/20

Comptez une douzaine d’heures pour atteindre la fin, avec une campagne dense qui ne s’étire jamais artificiellement. Vous serez parfois confronté à des choix qui modifient quelque peu l’expérience et renforcent la rejouabilité. Toutefois l’envie de se relancer dans l’aventure une fois la campagne terminée demeure assez faible.

Note pour ce test : 17/20

Shards of Order est une très bonne surprise pour les fans de deckbuilding, surtout pour celles et ceux cherchant autre chose qu’un roguelike. Avec son gameplay malin, supprimant les tours et la réserve de mana, le jeu change la dynamique traditionnelle des combats. Cette approche met en valeur le système de deck partagé entre les 3 héros, avec leurs nombreuses améliorations possibles. L’ensemble fonctionne très bien, même s’il manque parfois d’équilibrage. Pour couronner le tout, Shards of Order est porté par une ambiance dark fantasy superbe et une bande-son qui vaut à elle seule le détour. Même si tout n’est pas parfait on ne peut que recommander l’expérience, surtout pour une dizaine d’euros

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