Le studio indépendant japonais Sigcom nous propose un Vampire Survivors-like, dans lequel les mots deviennent de véritables armes. Sur le fond, Typomagical s’appuie sur les concepts clés du roguelike à la sauce bullet heaven, sauf qu’ici vos attaques ne sont pas automatiques, vous devez les invoquer grâce à votre clavier.
Typomagical nous place dans la peau d’un jeune ours apprenti magicien qui doit résister à des hordes de créatures jusqu’au lever du jour. Dans cet univers tout mignon en pixel art, notre petit héros ne dispose pas d’une liste de sorts traditionnelle. Ses pouvoirs reposent sur les mots récupérés pendant chaque partie et qui déterminent les combinaisons de sorts disponibles. Chaque mot correspond à une catégorie : base, élémentaire ou modificateur. Un sort doit être composé d’au moins une base, comme « ball » pour créer une boule d’énergie. On peut ajouter un effet élémentaire, comme le feu. Ainsi « fireball » permet de lancer une boule de feu. Enfin, il est possible d’incorporer autant de modificateurs qu’on le souhaite, à condition de les avoir débloqués durant la run. Cela peut donner des sorts comme « doublegigabouncyfireball » pour invoquer une double boule de feu gigantesque qui rebondit. Là où les choses se compliquent, c’est qu’il faut manuellement rentrer le sort à l’aide du clavier. Contrairement aux autres Vampire Survivors-like, les attaques ne sont pas automatiques et la moindre faute de frappe casse l’invocation. Il faut donc surveiller que les lettres tapées correspondent bien au sort visé et corriger rapidement les erreurs commises avant de lancer l’incantation.
Le joueur doit se concentrer sur les lettres rentrées au clavier tout en se déplaçant pour éviter les ennemis. Il faut alterner intelligemment entre la saisie des incantations et les esquives, dans un ballet qui se complique rapidement. Car si les premiers sont assez lents et n’attaquent qu’au corps-à-corps, on croise assez vite des adversaires capables de nous foncer dessus en un éclair. Il faut constamment anticiper et s’adapter : surveiller les ennemis, choisir le sort le mieux adapté, taper les lettres sans erreur et esquiver les assauts. Une faute de frappe ou une seconde d’hésitation peut coûter très cher lorsque l’écran devient saturé d’adversaires. Le jeu nous met vite la pression et n’est pas là pour nous apprendre à améliorer notre vitesse de frappe au clavier. Il faut déjà être expert en la matière pour s’en sortir. Malgré ses créatures adorables, Typomagical ne conviendra donc pas à un jeune public, qui se heurtera à une difficulté bien trop élevée. Pendant vos runs vous trouverez des améliorations et des bonus passifs, en plus des nouveaux mots pour vos sorts, pour plus de plus de 30 000 combinaisons possibles. Chaque partie encourage l’expérimentation, avec la possibilité de découvrir des synergies particulièrement puissantes entre les mots récupérés.
La puissance des mots
Les pièces gagnées pendant les runs permettent de débloquer de nouveaux mots et différentes améliorations. Hélas la partie méta-progression manque de profondeur et se révèle trop légère pour nous tenir en haleine sur la durée. Malgré les nombreuses possibilités proposées, le jeu souffre d’une répétitivité assez prononcée. La montée en puissance trop lente du personnage, le manque d’environnements et d’ennemis nuisent au plaisir de jeu. Les parties sont calibrées pour durer une quinzaine de minutes, mais survivre jusqu’à l’aube est un vrai parcours du combattant. De part son approche originale et sa difficulté Typomagical ne conviendra pas à tout le monde. Parvenir à lancer un sort surpuissant s’avère très compliqué, mais procure un vrai sentiment d’accomplissement. Typomagical s’adresse aux plus persévérants, qui ne seront pas rebutés par l’absence de localisation française. Le jeu propose également un classement en ligne pour comparer nos performances à celles des autres joueurs. Pour une dizaine d’euros le jeu a de quoi vous occuper de nombreuses heures, si vous accrochez au concept et vous sentez prêts à relever ce défi corsé. En cas de doute une démo est disponible pour avoir un avant-goût de l’expérience définitive.
Typomagical adopte une direction artistique en pixel art adorable. Le bestiaire est rempli de créatures très mignonnes et l’ensemble reste lisible même quand l’action s’emballe. Le titre est assez modeste sur le plan visuel et mise davantage sur son charme que sur sa technique.
Avec Typomagical ça passe ou ça casse. Le gameplay est exigeant, devoir rentrer ses sorts à la main offre un véritable challenge. De part sa difficulté, le jeu ne conviendra pas à tout le monde et s’adresse avant tout aux experts du clavier. Il faut aussi accepter la répétitivité de l’expérience qui souffre d’une progression trop lente.
Sans faire des étincelles, l’ambiance sonore colle bien à l’univers du jeu. Une bande-son légère et dynamique, qui manque hélas de variété. On finit par l’oublier pour se concentrer uniquement sur l’action.
Chaque partie demande de survivre pendant quinze minutes, ce qui favorise des sessions de jeu assez courtes et donne envie de relancer une partie. Les sorts à débloquer, les nombreuses combinaisons et les classements apportent une bonne rejouabilité. Dommage que la répétitivité s’installer trop vite.
Typomagical réussit son pari d’une approche originale pour le genre du Vampire Survivors-like, mais son parti pris ne conviendra clairement pas à tout le monde. Le jeu réclame une solide dextérité au clavier pour espérer survivre. Les possibilités de builds sont nombreuses, mais pour y parvenir il faut savoir se montrer patient. Le jeu s’avère très répétitif et le risque de décrocher avant d’ouvrir toutes les possibilités est bien réel. Une expérience exigeante et atypique, qui mettra votre sang-froid à rude épreuve, tout en apportant une vraie satisfaction une fois maitrisée.
+ Un système de magie original
+ Les nombreuses combinaisons
+ Des parties assez courtes
+ Le classement en ligne