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"Ground Zero Hero est un bon défouloir, exubérant, bruyant et parfaitement assumé. Le style graphique oscille quelque part entre Les Simpson et Rick et Morty, pour une identité visuelle très marquée qui lui permet de sortir du lot."
Geek4Life
TEST : Ground Zero Hero

Le mythique éditeur Acclaim, de retour après des années d’absence, s’associent au développeur australien Rowan Edmondson pour livrer un roguelite d’action complètement déjanté. Ground Zero Hero nous jette dans un désert irradié où le seul moyen de survivre est d’absorber les entrailles radioactives de ses ennemis pour muter en quelque chose de toujours plus monstrueux.

L’originalité du jeu ne vient pas de son pitch, des plus classiques. L’humanité a provoqué une catastrophe nucléaire qui a transformé la Terre en désert radioactif. Vous incarnez Radboy, un survivant prêt à sortir de son abri pour affronter le vaste monde. Vous devrez parcourir les terres dévastées à la recherche de délicieux bonbons, indispensables à votre survie, et de monstres à absorber pour gagner en puissance. Ground Zero Hero ne propose pas vraiment de récit, mais plutôt une ambiance faite d’humour noir, de créatures grotesques et d’idées farfelues. Le jeu revendique ouvertement ses influences, avec un style dessiné à la main à mi-chemin entre Les Simpson et Rick et Morty. Un clin d’œil assumé au passé d’Acclaim qui publiait justement les adaptations Simpson dans les années 90. Vous trouverez d’ailleurs quelques répliques issues des Simpson doublées en français.



Visuellement, le jeu s’appuie sur un style cartoon régressif, avec de gros contours noirs, des couleurs criardes et des animations exagérées. L’univers est digne d’un cartoon des années 90 qui aurait pris de plein fouet une explosion nucléaire. Ground Zero Hero dispose de cinq biomes à débloquer, peuplés d’une soixantaine de types d’ennemis allant des nains de jardin aux pingouins, en passant par des extraterrestres en scouter spatial et d’immenses yétis. C’est absurde, drôle, et contraste profondément avec la violence des affrontements. La bande-son rétro, très dynamique, appuie efficacement l’action. Niveau ambiance, le titre est une vraie réussite. Dommage que les mutations de notre héros ne prennent pas plus d’ampleur durant la partie. Même si les choix de mutations affectent bien son apparence, le résultat est bien trop sage comparé au reste de cet univers loufoque.

Absorber, muter, recommencer

Le gameplay sera immédiatement familier à quiconque a touché à un Vampire Survivors-like. Pour survivre il faut se déplacer sans cesse, au milieu de vagues d’ennemis qui finissent par envahir la quasi-totalité de l’écran. Les attaques se déclenchent automatiquement, on ramasse la matière lâchée par les adversaires et on choisit une amélioration parmi trois à chaque montée de niveau. Pas besoin de viser, pas de dash ou de capacité spéciale, vous devez juste bouger et vous faufiler dans la horde de monstres. Le sel du jeu vient des mutations qui font évoluer notre héros : tentacules, poings géants, troisième jambe pour aller plus vite, œil laser, œufs explosifs, vautour en orbite ou aura radioactive qui grille tout ce qui approche. Chacune d’elles peut en plus basculer dans un état « Bonkers », ce qui déclenche une attaque spectaculaire capable de balayer des dizaines d’ennemis d’un coup.

Il faudra aussi surveiller votre jauge de bonbons, qui se vide avec le temps et met fin à la partie si elle atteint zéro. Il faut casser des piñatas pour en trouver, avec l’espoir de récupérer en plus de l’argent, des soins ou peut-être des objets bonus. L’autre particularité du jeu, c’est son cycle jour/nuit. La nuit venue, vampires, momies et loups-garous font leur apparition pour vous pourchasser. Ces monstres très puissants ne font qu’une bouchée de notre héros. Seule solution : se réfugier dans un bunker pour se soigner et passer la nuit, au prix de l’ADN non ramassé dehors. Enfin, la partie ne s’achève pas sur une durée chronométrée à tenir coûte que coûte, mais sur un quota d’ennemis à abattre pour déclencher l’arrivée du boss. Les décors fourmillent de détails pour donner du cachet à chaque biome.

Il peut s’agir de vaches à deux têtes à chevaucher, de champignons ralentissant le temps avec un effet psychédélique, de nuages de gaz toxique, ou encore d’une cloche faisant apparaitre la fée du froid. Tout n’est pourtant pas parfait. La méta-progression entre les parties manque cruellement de profondeur, avec des possibilités trop restreintes. Le jeu ne compte qu’une vingtaine de mutations et on en fait vite le tour. Si Ground Zero Hero accroche immédiatement le joueur grâce à son univers et son gameplay, il a bien du mal à maintenir son intérêt sur la durée. Même s’il ne coûte qu’une dizaine d’euros, la concurrence est rude pour se faire une place au sommet. Si certains adoreront le titre pour son ambiance dynamique et atypique, d’autre ne pardonneront pas le manque d’équilibrage et de variété au niveau des mutations.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 15/20

La direction artistique dessinée à la main nous plonge dans une ambiance cartoonesque retro déjantée. Une atmosphère assurément atomique, avec des créatures aussi bizarres qu’inventives. Malgré une avalanche de sprites, le jeu reste lisible.

Gameplay & prise en main : 13/20

La bande-son colle bien au ton humoristique et délirant du titre. Si elle s’avère très dynamique et parfaitement dans le ton, elle ne se renouvelle pas suffisamment pour capter notre attention sur le long terme. Mention spéciale en revanche pour les bruitages et les doublages.

Musique et bruitages : 13/20

La bande-son colle bien au ton humoristique et délirant du titre. Si elle s’avère très dynamique et parfaitement dans le ton, elle ne se renouvelle pas suffisamment pour capter notre attention sur le long terme. Mention spéciale en revanche pour les bruitages et les doublages.

Durée de vie : 12/20

Cinq biomes à débloquer, une vingtaine de mutations et une soixantaine d’ennemis offrent une bonne dose de diversité pour s’amuser quelques heures. L’intérêt s’épuise toutefois assez vite, le jeu ne parvenant pas à se renouveler pour nous tenir en haleine. À moins de 10 €, le rapport contenu/prix reste très honnête, même s’il a du mal à faire le poids face à la concurrence.

Note pour ce test : 13/20

Ground Zero Hero est un bon défouloir, exubérant, bruyant et parfaitement assumé. Le style graphique oscille quelque part entre Les Simpson et Rick et Morty, pour une identité visuelle très marquée qui lui permet de sortir du lot. Les mutations qui transforment physiquement le héros, la jauge de bonbons et le cycle jour/nuit apportent des éléments de gameplay originaux. Le jeu est bien plus qu’un simple décalque de Vampire Survivors. La boucle de gameplay accroche le joueur dès la première partie et l’on enchaîne les runs sans voir le temps passer. Mais la méta-progression trop pauvre, le manque de contenu et d’équilibrage finissent par montrer les limites du concept. Un achat pertinent pour rire un bon coup sur des parties occasionnelles, mais qui ne convaincra pas les joueurs cherchant une expérience profonde et solide sur la durée.

+ Une direction artistique très réussie
+ Une bonne dose d’humour
+ Le système de mutations avec le mode « Bonkers »
+ Le cycle jour/nuit
+ Les interactions propres à chaque niveau
+ Les quotas de monstres à abattre

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