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"Conquest Dark est une excellente surprise qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais s’appuie sur un contenu très généreux. La création de builds donne le tournis tant les possibilités sont faramineuses"
Geek4Life
TEST : Conquest Dark

Le petit studio Eldritch Sword Games, épaulé par l’éditeur Mad Mushroom, s’attaque au genre déjà bien encombré du Vampire Survivors-like. En accès anticipé depuis plus d’un an, Conquest Dark tente un croisement audacieux entre la frénésie des bullet heavens et la profondeur d’un action-RPG à la Diablo.

Conquest Dark pose d’emblée un univers de fantaisie sombre, où l’espoir ne tient qu’à un fil. La Planète Noire a bien failli anéantir l’humanité et a réveillé au passage des puissances antiques. Deux cent trente-sept ans plus tard, les rescapés se terrent à Karathia, dernier bastion à tenir encore debout, et repoussent inlassablement les armées de morts-vivants. Vous incarnez un champion de cette cité, chargé d’accomplir les rituels magiques capables de tenir à distances les hordes venues du royaume des morts. Ces rituels permettent d’invoquer volontairement les morts pour leur arracher la puissance nécessaire à la survie du royaume. Une bonne idée qui justifie le gameplay : notre héros ne subit pas les vagues d’ennemis, il les appelle pour gagner en force et en expérience. Hélas, l’aspect narratif s’arrête là et le jeu ne propose aucun développement de son histoire. Chaque rituel réussi se termine par l’apparition d’une vague de spectres nous mettant littéralement en pièce, ce qui pose la question du devenir de notre héros. Est-ce qu’il ressuscite après le rituel, ou transmet-il la puissance gagnée avant de périr ? Dans les faits, chaque rituel nous fait incarner un nouvel héros. On choisit sa race, sa classe, son origine et on lance le combat.



La plupart des rituels se déroulent dans un cercle restreint et imposent une durée à tenir, généralement entre dix et vingt minutes, avec des boss à abattre pour le valider. Chaque boss fige le temps jusqu’à ce qu’il soit vaincu, ce qui augmente la difficulté d’un cran jusqu’au suivant. L’étroitesse de l’arène constitue un véritable défi, car au fil du temps les vagues ennemies se font de plus en plus intenses jusqu’à remplir la quasi-totalité de la zone. Réussir un rituel en débloque de nouveaux, plus difficiles, avec des ennemis inédits. Le jeu s’appuie sur un bestiaire varié, comprenant bien sûr différents types de morts-vivants, avec divers équipements et capacités, mais aussi des araignées, des fantômes, des cultistes, des scorpions géants et autres. En avançant dans l’aventure vous débloquerez un autre type de rituel. Il propose une zone beaucoup plus ouverte que vous devrez explorer afin de libérer et vaincre des champions défunts pour augmenter la puissance du rituel. Une alternative bienvenue, qui change la dynamique des combats en nous plaçant dans une arène très vaste à explorer. Visuellement, Conquest Dark nous plonge dans un univers crasseux et sanglant, entre ruines hantées et royaumes maudits. L’ensemble n’a rien d’une claque technique, mais reste très agréable à l’œil, même si certains lieux sont très sombres.

Des builds à en perdre la tête

Il est parfois difficile de discerner tout ce qui se passe à l’écran quand des dizaines d’ennemis et de projectiles fusent dans tous les sens. On regrette surtout le manque de variété dans les décors, qui finissent par se ressembler au fil des runs. Manette ou clavier en main, le jeu se veut riche et nerveux. Tout commence par la sélection des caractéristiques du héros pour le rituel visé. Vous pouvez choisir votre race et votre origine pour obtenir divers bonus, ainsi qu’une classe qui va déterminer vos capacités. Il en existe 5 (guerrier, archer, voleur, paladin et mage), chacune disposant de ses talents et d’un arsenal propre. Une même classe propose différentes approches, comme le mage qui peut être orienté attaques rapides à distance, ou gros dégâts au corps-à-corps. Entre les types de dégâts (solaire, lunaire, primal), la portée des attaques, la défense, les esquives, les runes, les synergies d’équipements et d’artefacts, les combinaisons sont proprement vertigineuses. Chaque personnage dispose d’une attaque de base, nécessitant de viser une direction, d’une capacité spéciale, qui s’active automatiquement dès que la jauge de mana est remplie, d’un pouvoir passif et d’une esquive. Cette dernière pourra être troqué durant le rituel pour une autre aptitude.



Cette aptitude dépend de la classe choisie. Par exemple, le guerrier peut sauter en avant pour occasionner des dégâts de zone à l’arrivée, tandis que l’archer est capable d’esquiver en posant un piège et que le mage se téléporte. Le système de survie mérite aussi qu’on s’y attarde. Vous démarrez le rituel avec dix vies et pour chaque vie perdue vous écopez d’un malus de saignement, qui vous vide progressivement de vos points de vie. Le risque est d’entrer dans un cercle vicieux où notre personnage perd des vies de plus en plus vite. Il ne faut donc pas négliger sa défense, les capacités à générer des orbes de vie en tuant les ennemis et les bonus pour réduire l’effet de saignement. Toutes les classes ne sont pas sur un pied d’égalité à ce niveau. Le guerrier est bien plus solide que le mage, qui en contrepartie peut choisir de miser sur une barrière magique ou des pouvoirs augmentant la puissance en fonction des vies perdues. Ce système peut s’avérer frustrant, mais il apporte davantage de personnalité aux classes et pimente les rituels. La méta-progression fait la vraie force du jeu, avec de nombreuses améliorations permanentes à débloquer et une progression liée à chaque faction.

Tout ce contenu peut aussi s’avérer décourageant pour les nouveaux venus qui risquent de se sentir perdus. Le jeu n’explique pas grand-chose et c’est surtout par l’expérimentation qu’on apprend. Notez aussi que Conquest Dark ne bénéficie d’aucune localisation française. Malgré un aspect répétitif et la nécessité d’engloutir des heures de jeu pour améliorer ses personnages, on enchaîne les parties facilement pour tester de nouvelles approches. La montée en puissance durant les rituels, couplée aux bonus liés à la méta-progression, donne naissance à des builds dévastateurs. Commencer avec un simple voleur en haillon, faible et désarmé, pour finir avec un assassin semant la dévastation à chacun de ses mouvements est particulièrement jouissif. L’équipe de développement continue d’enrichir le jeu avec des mises à jour régulières. Leur prochain objectif est d’ajouter un système de combinaison de runes pour améliorer l’effet d’une capacité. Aucune date de sortie officielle n’est pour l’instant évoquée, mais le titre vaut d’ores et déjà ses dix euros si vous aimez le genre

Jean Marc Pichot
Graphismes : 13/20

Le jeu s’appuie sur des modèles 3D simples et efficaces pour rendre une atmosphère sombre et sanglante. L’aspect technique n’est pas éblouissant, mais bien suffisant pour profiter de ces combats épiques nous opposant à des centaines d’ennemis.

Gameplay & prise en main : 17/20

Le mariage entre survivors-like et A-RPG fonctionne à merveille, avec une prise en main immédiate. La variété des builds et la richesse de la méta-progression apportent une profondeur rare au genre. On regrette quand même une difficulté parfois abrupte et quelques boss mal calibrés.

Musique et bruitages : 13/20

La bande-son épouse bien l’ambiance macabre, tout en restant hélas trop en retrait. Les retours sonores mériteraient d’être plus marqués pour mieux nous immerger dans l’action.

Durée de vie : 17/20

Si vous aimez le genre, préparez-vous à passer des nuits blanches sur Conquest Dark grâce à son excellente durée de vie. Vous trouverez énormément d’éléments à débloquer et à améliorer. Cependant, il ne faut pas avoir peur des boucles de gameplay répétitives. Heureusement la variété des builds maintient l’intérêt sur la durée.

Note pour ce test : 16/20

Conquest Dark est une excellente surprise qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais s’appuie sur un contenu très généreux. La création de builds donne le tournis tant les possibilités sont faramineuses. Le jeu parvient à greffer la profondeur d’un action-RPG à la simplicité d’un bullet heaven. Conquest Dark plaira surtout aux personnes qui aiment voir leur personnage devenir une vraie machine de guerre en quelques minutes. Son principe de rituels donne un contexte à la boucle de jeu, mais ça s’arrête là. Si vous recherchez un aspect narratif vous resterez sur votre faim. Il faut aussi accepter de se débrouiller seul, le titre se contentant de quelques explications lapidaires. Un titre à réserver en priorité aux amateurs de theorycrafting, qui en auront largement pour leur argent.

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