Le studio indépendant australien We Made A Thing Studios, signe avec Box Knight ses tout premiers pas dans le jeu vidéo. Jusque-là le studio se spécialisait dans la production audiovisuelle, mais après six années de développement leur premier titre vidéoludique est enfin prêt. Ce roguelite d’action nous plonge dans une satire absurde du monde de l’entreprise, où un employé de bureau ordinaire doit troquer sa chemise contre une armure en carton pour sauver ses collègues.
Le studio indépendant australien We Made A Thing Studios, signe avec Box Knight ses tout premiers pas dans le jeu vidéo. Jusque-là le studio se spécialisait dans la production audiovisuelle, mais après six années de développement leur premier titre vidéoludique est enfin prêt. Ce roguelite d’action nous plonge dans une satire absurde du monde de l’entreprise, où un employé de bureau ordinaire doit troquer sa chemise contre une armure en carton pour sauver ses collègues.
L’histoire de Box Knight repose sur un postulat délicieusement absurde. Chaque vendredi, dès que l’horloge affiche 17h, la toxicité de l’environnement de travail transforme les employés en créatures monstrueuses, et c’est à vous, simple salarié devenu le Chevalier DuBox, de nettoyer les bureaux de cette vermine, étage par étage, service par service, jusqu’à affronter le PDG en personne. Si l’aventure ne se termine pas par vos hauts faits, qu’à cela ne tienne, il suffit de recommencer la semaine suivante avec un peu plus d’expérience. La structure roguelike (mourir, recommencer, progresser) est calquée sur un calendrier professionnel. Mourir n’est pas un échec, c’est simplement un lundi. Visuellement, Box Knight mise sur une direction artistique colorée, loufoque et volontairement exagérée. Le bestiaire regorge de caricatures de collègues toxiques, avec des design inspirés et drôles. Le jeu assume pleinement son ambiance de comédie noire, avec une esthétique de cartoons adultes, dans la même veine qu’Hazbin Hotel ou Rick et Morty, saupoudrée d’un humour potache assumé, sans jamais sombrer dans la lourdeur gratuite.
Les animations sont remarquables et on ressent immédiatement l’expérience du studio dans la production audiovisuelle. Les combats sont violents, avec des exécutions qui n’hésitent pas à faire gicler le sang et les boyaux. Les décors suivent le même niveau d’exigence. Les environnements en 3D s’appuient sur un rendu dessiné, qui préservent la cohérence de l’ensemble, et fourmillent de détails. Vous pourrez monter sur les tables et frapper certains objets pour les faire valdinguer. Il faut un peu de temps pour s’adapter et lire correctement l’action afin de naviguer efficacement dans les environnements, tout en évitant les attaques ennemies. Car le jeu n’hésite pas à nous envoyer des hordes de créatures aux aptitudes variées. Certaines bénéficient d’une protection, d’autres font des attaques spéciales, voire explosent au contact. Il faut rester sur le qui-vive, et si la lisibilité n’est pas toujours au rendez-vous, l’immersion demeure excellente, avec en prime une bande-son qui suit bien le rythme des affrontements.
Côté gameplay, on retrouve une formule très classique : une attaque légère, une attaque spéciale et une exécution disponible une fois la barre de rage pleine. Pour les déplacements, vous disposez d’un saut, avec la capacité de rebondir sur les têtes des ennemis, et une esquive salvatrice, qui avec le bon timing pourra vous sortir de situations désespérées. Petit plus assez rare, notre héros peut faire une esquive en plein saut. Chaque étage se découpe en salles, avec trois vagues de monstres à nettoyer à chaque fois, avant d’affronter le boss du service. Les bonus proposés en fin de salle dépendent directement de la performance du joueur (rapidité, dégâts subis, etc.), ce qui pousse à soigner son style de jeu run après run. Au bout du quatrième étage il est l’heure d’affronter le PDG pour l’ultime combat. Là où le bât blesse c’est au niveau des bonus accordés et la construction des builds.
Il faut sauver l’esprit d’entreprise !
En effet, Box Knight s’appuie sur 3 effets élémentaires, à savoir le feu, la foudre et la glace, qui apporte chacun un axe d’évolution. Le feu fait des dégâts sur la durée, la foudre des dégâts de zone et la glace ralentit les ennemis. Chaque salle se termine par le choix d’un bonus, qui peut aller d’une augmentation de la vitesse, à une meilleure esquive, en passant par une amélioration de l’armure ou des effets élémentaires. Une montée en puissance finalement assez basique qui n’offre que peu de synergies et ne propose aucune construction de builds vraiment dévastateurs. C’est bien dommage, car l’un des plaisirs des roguelikes est de trouver comment créer ce genre de combinaisons permettant de « casser » le jeu. Box Knight ne propose que 3 armes (épée courte, épée longue et lance), avec un gameplay très simple, sans combo. Ceci permet une prise en main rapide, mais laisse un arrière-goût amer, avec l’impression de tourner en rond.
Heureusement le gameplay très dynamique fait passer la pilule, surtout en coopération. Entre les runs, on retourne dans son service où le Conseil des Concierges permet de dépenser l’expérience amassée pour améliorer durablement les statistiques, débloquer de nouvelles capacités, tenues et casques. Cette partie s’avère assez copieuse et vous aurez de nombreux bonus à obtenir. La mort n’est donc jamais totalement punitive puisqu’elle nourrit la progression du Chevalier DuBox pour la tentative suivante. À un certain point de l’aventure vous débloquerez le mode Horde, qui propose de vivre l’ascension des bureaux d’une manière un peu différente : à la fin de chaque niveau vous aurez le choix entre rentrer sain et sauf avec vos gains ou continuer avec le risque de tout perdre. Si la répétitivité de l’action se fait hélas sentir un peu trop vite, le mode coopératif est là pour relancer l’intérêt, que ce soit en local ou en ligne. Pour une quinzaine d’euros Box Knight est une belle surprise qui s’essouffle hélas un peu trop vite.
L’excellente direction artistique nous plonge dans un univers coloré et absurde, rempli de monstres aussi grotesques que drôles. Visuellement, Box Knight fait immédiatement mouche, avec ses superbes animations et ses exécutions sanglantes. Un rendu résolument adulte qui plaira aux fans de cartoons à la sauce Adult Swim.
La prise en main du gameplay est rapide, mais il faut s’habituer à une lisibilité de l’action pas toujours limpide. La progression via le Conseil des Concierges est gratifiante, avec de nombreux éléments à débloquer. Dommage que le manque d’armes et de combos rendent les combats plutôt arides. On se consolera en partageant l’aventure en local ou en ligne.
L’ambiance sonore colle bien à l’action, même si elle manque un peu d’envergure. Une bande-son efficace à défaut d’être aussi inspirée que les visuels du jeu. Davantage de feedbacks sonores auraient aussi été bienvenus.
La structure en runs générées procéduralement et le système de méta-progression apportent une durée de vie assez solide. Comptez entre 10 et 15 heures pour en faire le tour, mais l’aspect répétitif du jeu risque d’en laisser plus d’un sur le carreau. Reste une très bonne expérience à ressortir occasionnellement pour profiter de l’aspect coopératif.
Box Knight transfert avec beaucoup de talent les codes de l’entreprise à un univers cartoon déjanté. Le jeu est porté par une direction artistique soignée, faisant la part belle à des designs caricaturaux et grotesques. Le bestiaire est un régal pour les yeux. De son côté, le système de combat s’avère nerveux et gratifiant, mais pas assez poussé, avec seulement trois armes disponibles. Les habitués du genre pesteront contre ce manque de profondeur. Manette en main on plonge avec plaisir dans ces combats très dynamiques, qui mettent nos reflexes à rude épreuve. Un premier jeu solide pour ce jeune studio, qui mérite le coup d’œil pour les amateurs de beat’em up roguelike, s’ils sont prêts à fermer les yeux sur la répétitivité de l’action pour se concentrer sur l’ambiance. Surtout que Box Knight est vendu une quinzaine d’euros et permet de vivre l’aventure en duo, en local ou en ligne.