Avec NITRO GEN OMEGA, le studio italien DESTINYbit nous propose un RPG tactique au tour par tour audacieux. Le jeu fusionne l’esthétique grandiose des animés de mechas et une aventure sandbox dans un monde en ruine. Vous y commandez une équipe de mercenaires plongés au cœur du conflit contre les machines et bien décidés à faire la différence.
Dans un monde post-apocalyptique dominé par des intelligences artificielles hors de contrôle, l’humanité survit tant bien que mal au sommet de cités perchées, tandis que des groupes de mercenaires parcourent les terres dévastées pour récupérer des ressources et un peu d’espoir. Vous dirigez un équipage de pilotes opérant un gigantesque mecha et acceptant divers petits boulots. À bord d’un dirigeable servant de base mobile, vous devrez gérer les relations entre vos pilotes, leurs états physiques et mentaux, voire en recruter de nouveaux, tout en acceptant des contrats pour survivre dans ce monde hostile. Ces contrats vous permettront de récupérer des pièces détachées, qui serviront notamment à réparer votre mecha, des tickets d’activité et de l’argent, ici appelé Bille. Vos Billes vous serviront à faire vos emplettes (objets consommables, carburant pour le dirigeable, pièces pour le mecha, etc.) ainsi qu’à payer le salaire de vos pilotes. Quant aux tickets d’activité, grâce à eux vous pourrez lancer votre équipage dans diverses occupations. Il peut s’agir de yoga, d’une partie de shogi ou de jeux vidéo, de lecture ou de musiques. Ces activités sont nombreuses et servent à améliorer le moral, les relations et la fatigue de vos mercenaires. Il est important de garder un œil sur ces facteurs. Une fatigue élevée risque d’entrainer des actions ratées durant les combats, tandis qu’un moral en berne pourra causer le départ d’un pilote. Quant aux relations qu’ils vont nouer, elles pourront aboutir à une solide amitié ou une grande rivalité. Ceci aura des répercussions pendant les affrontements comme nous le verrons plus tard.
La boucle de gameplay est assez simple : compléter des contrats pour gagner des ressources et de l’expérience, afin de faire évoluer son mecha et son équipe, pour pouvoir accepter de plus gros contrats et continuer à monter en puissance. NITRO GEN OMEGA ajoute à cette base un scénario aussi épais qu’un timbre-poste, qui sert surtout de prétexte pour nous faire voyager aux quatre coins de la carte. Ne vous attendez pas à un scénario bien ficelé, à une lutte épique contre des machines implacables, ni à des cinématiques grandioses. Notre équipe voyage un peu partout pour aider les villes en détresse, découvrir les plans des IA et essayer d’y mettre un terme. Mais l’ensemble s’avère très convenu, manque de flamboyance et de personnages marquants. Durant les premières heures le titre souffle le chaud et le froid. D’un côté l’ambiance est plutôt réussie. Visuellement, le titre possède une identité forte, qui plaira aux fans de mangas. Mais l’aspect très caricatural des personnages en 2D ne sera pas du goût de tout le monde. Ce qui est vraiment dommage, c’est que nos personnages n’ont qu’une seule expression. Qu’ils soient joyeux ou tristes, ils gardent toujours la même tête, ce qui ne facilite pas l’immersion. Le scénario reste très en retrait, car le jeu mise avant tout sur la liberté et nous laisse avancer à notre rythme. Sauf que pour progresser sereinement encore faut-il comprendre les mécaniques de gameplay. Dommage que le titre les explique si mal. Les premières heures se révèlent vraiment laborieuses, à tâtonner pour essayer de comprendre le fonctionnement des combats. L’interface n’aide pas, avec des menus peu pratiques, fouillis, et une ergonomie vieillotte. Avec une prise en main si calamiteuse, il faut vraiment s’accrocher, surtout que les combats ne pardonnent pas.
Un animé tactique survolté
Mais justement, c’est en s’accrochant qu’on se rend compte qu’ils ont beaucoup à offrir. NITRO GEN OMEGA s’appuie sur une approche profonde et originale, servie par une mise en scène bien pêchue. C’est là où le jeu brille vraiment ! Les combats sont mis en scène comme de véritables séquences d’animés, avec des mini-cinématiques qui viennent sublimer les affrontements. Les mécaniques sont pensées pour nous faire réfléchir sur chaque action, car ici le travail d’équipe est essentiel. Contrairement aux autres jeux du genre, chacun de vos pilotes ne contrôle pas un mecha à part entière, mais tient un rôle afin de faire fonctionner une seule machine. Le conducteur se concentre sur les déplacements et les attaques au corps-à-corps. L’artilleur s’occupe des canons et des missiles. L’ingénieur envoie du liquide de refroidissement et peut recharger les missiles. Enfin, l’opérateur peut analyser les actions ennemies et lancer des fumigènes. Cette approche impose une coordination précise et une anticipation constante, donnant aux combats une dimension presque chorégraphique. Le système de combat repose sur une timeline dynamique. Chaque affrontement est découpé en deux phases distinctes : une phase de planification et une phase de résolution. Durant la planification la timeline est divisée en plusieurs segments et vous devez placer vos actions à tour de rôle avec les ennemis. Une fois que toutes les actions sont définies on peut lancer la phase de résolution, durant laquelle tout s’enchaîne automatiquement sous forme de scènes animées spectaculaires. Bien sûr il ne faut pas se tromper, car une action placée ne peut plus être modifiée. C’est pour ça que les premières heures sont difficiles. Une erreur est vite arrivée à cause d’un didacticiel incapable de présenter efficacement les différentes mécaniques. De plus, il n’y a aucun rappel en jeu pour nous aider à prendre en main le système, ni de bestiaire pour analyser les forces et faiblesses ennemies.
Même les bonus de nos héros ne s’affichent pas pendant les combats, il faut s’en souvenir. En prime, les affrontements sont durs et répétitifs dans un premier temps, faute d’avoir des équipements évolués pour notre mecha. Mais après quelques heures à faire améliorer son équipe et récolter de nouvelles pièces pour notre machine de guerre, le jeu dévoile un nouveau visage. Les affrontements deviennent bien plus jouissifs et gagnent en variété. Car en fonction des pièces installées sur notre mecha les rôles de nos pilotes vont un peu changer. Avec certaines options vous pourrez par exemple déléguer l’envoi de missile à l’ingénieur pour libérer une action à l’artilleur, ou permettre à l’opérateur de déployer une mine, voire utiliser un gel curatif. Et pourquoi ne pas laisser tomber les gros calibres pour passer au lance-flamme ? C’est là aussi où le système d’amitié et de rivalité entre en jeu. En fonction de leurs relations vos mercenaires pourront prendre, ou donner, une action à un de leurs collègues. Un petit bonus qui n’a l’air de rien, mais peu faire une grosse différence dans certaines situations. Dommage que NITRO GEN OMEGA réclame tant de grind pour avancer, ce qui risque d’en décourager plus d’un. Le contenu est aussi un peu trop limité pour encourager la rejouabilité. Le bestiaire ennemi s’avère plutôt restreint et le jeu ne propose que 3 mecha (Monki, Ocelet et Patriot). Heureusement, ils ont chacun leurs spécificités et leur style de combat. Patriot, par exemple, dispose d’un système de combos unique qui augmente les dégâts lorsque vous enchaînez les actions. Nos 3 mechas disposent de pièces variées pour tester différentes approches. Mais une fois son style trouvé et le jeu terminé, difficile de voir des raisons de relancer l’aventure.
NITRO GEN OMEGA brille par sa direction artistique qui ravira les fans de mangas. Les combats sont spectaculaires et donnent réellement l’impression de regarder un animé interactif, même si on n’échappe pas à une certaine répétitivité. Dommage que nos héros ne disposent que d’une seule expression pour toutes leurs conversations.
Le système de timeline et la gestion des pilotes offrent une profondeur stratégique remarquable. Le gameplay procure un vrai sentiment de satisfaction quand on déclenche une séquence parfaitement orchestrée. Cependant, la complexité des mécaniques et le manque d’accompagnement peuvent décourager, surtout en début de partie.
La bande-son accompagne efficacement l’action, tout en renforçant l’ambiance dramatique et héroïque. Les séquences de combat, dignes d’un animé, gagnent encore en intensité grâce à un habillage sonore cohérent qui renforce l’immersion.
Compter entre 20 et 30 heures pur terminer l’aventure, qui vous demandera pas mal de grind pour avancer. On apprécie le monde ouvert et la liberté offerte, mais ce n’est clairement pas l’intensité du scénario qui nous pousse à avancer. Relancer une nouvelle partie vous permettra de tester une nouvelle équipe, qui évoluera différemment. Toutefois le manque de contenu limite l’envie de repartir à l’aventure.
Avec NITRO GEN OMEGA ça passe ou ça casse ! Le titre propose une expérience aussi prenante que frustrante. Ce RPG tactique réussit à insuffler une véritable identité à ses combats grâce à son mélange de stratégie exigeante et de mise en scène spectaculaire. Voir évoluer son équipe et son mecha se révèle vraiment grisant. Toutefois, l’ensemble est plombé par une prise en main laborieuse et un manque de pédagogie concernant ses mécaniques de gameplay. Il faut de la persévérance, et aussi pas mal d’indulgence, pour avancer dans l’aventure et découvrir ses richesses. La pauvreté narrative et l’obligation de subir de longues séances de grind n’aident pas non plus. Pourtant, une fois les systèmes de jeu maitrisés difficile de décrocher.