Après avoir signé des titres aussi déjantés que Broforce ou Genital Jousting, le studio sud-africain Free Lives revient avec une nouvelle satire complètement folle du monde du travail. Édité par Devolver Digital, Stick It to the Stickman prend la forme d’un énorme défouloir où l’objectif est simple : gravir les échelons à coups de poings, de pieds, de tronçonneuses et d’armes improbables. Une vision particulièrement cynique de l’entreprise moderne, transformée ici en une expérience drôle et déjantée.
Le scénario de Stick It to the Stickman est très simple : vous incarnez un employé lambda, représenté ici par un bonhomme bâton, qui décide de ne plus subir les abus de sa société et de reprendre sa carrière en main. Pour obtenir une promotion, il ne sera pas question ici de convaincre ses supérieurs par son travail, mais plutôt de fracasser tous les collègues qui se trouvent sur son chemin. Il faudra vous frayer votre route jusqu’au sommet, aussi bien métaphoriquement que littéralement. Vous débutez au rez-de-chaussée et devez gravir la tour de la compagnie pour atteindre le toit, là où vous attend le PDG. Si vous le battez, vous prenez sa place, avec les bonus qui vont avec, puis le jeu vous remet dans la peau de la jeune recrue aux dents longues. Malgré un pitch de départ assez simple, le studio parvient à créer un vrai narratif qui tourne joyeusement en dérision tous les codes de l’entreprise et du concept du « self made man ». C’est malin et drôle, avec une bande-son et un doublage de très bonne qualité qui donnent vie à cet univers déjanté. Les dialogues s’avèrent excellents, avec de nombreux clins d’œil et scénettes pour rendre l’ensemble vivant et très dynamique.
Dès les premières minutes, le jeu séduit grâce à son concept complètement loufoque et irrévérencieux. Les affrontements s’appuient sur un moteur physique particulièrement instable, transformant chaque combat en véritable festival de gifles, de projections, d’attaques improbables et d’accidents hilarants. Les personnages sont propulsés dans tous les sens, traversent les fenêtres, rebondissent contre le mobilier ou s’écroulent après un coup parfaitement placé. Cette imprévisibilité permanente contribue largement au plaisir de jeu. Sous ses apparences simplistes, Stick It to the Stickman propose un gameplay étonnamment riche. Chaque partie se déroule comme une mini-run d’un jeu roguelike, où l’on accumule progressivement de nouvelles compétences, des armes et des améliorations. Vous démarrez la partie en choisissant un archétype de salarié, par exemple le caféinomane, le vantard ou la feignasse, ce qui va déterminer votre palette de coups. Chaque archétype démarre avec 4 attaques spécifiques, qui vont du coup de pied retourné, au coup de couteau, au discours inspirant, au lancer d’avion en papier, en passant par la téléportation, voire la télékinésie. Les attaques sont variées, mais il n’est pas toujours évident de comprendre ce que font certaines capacités.
Défouloir entrepreneurial
Quand vous attaquez, vous enchainez systématiquement l’ensemble de vos attaques dans un ordre fixe. On peut d’ailleurs reprocher au jeu de ne pas nous permettre de réagencer nos actions comme on le souhaite. En montant les étages vous accéderez à de nouvelles attaques à ajouter à votre combo, vous pourrez aussi les améliorer, ce qui peut grandement changer leurs effets, et choisir des bonus passifs (amélioration des coups de pied, petite chance de récupérer des PV, mobilité accrue, grosse tête pour augmenter les dégâts des coups de boule, etc.). Les possibilités de personnalisation sont nombreuses et durant la run on construit notre combattant pour déclencher un chaos total durant les derniers étages. Les ennemis peuvent se gêner entre eux, ce qui peut amener des situations particulièrement jubilatoires. Malheureusement, tout n’est pas parfait. Le moteur physique et le gameplay, aussi amusants soient-ils, manquent de précision. La lisibilité n’est pas toujours au rendez-vous et le résultat à l’écran peut être déstabilisant. C’est le concept qui veut ça et autant être clair, Stick It to the Stickman n’est pas fait pour délivrer un gameplay hyper pointu et calibré. Ne cherchez pas la précision d’un Absolum ou d’un Dead Cell, car c’est un joyeux bazar que vous allez trouver ici.
Ce manque de contrôle de notre personnage peut rendre certains échecs particulièrement frustrants et injustes, même si la difficulté du titre n’est pas très élevée. Enchainer les runs s’avère également plutôt répétitif, mais le titre a plus d’un tour dans son sac pour palier à ce problème. Vous débloquerez régulièrement de nouveaux archétypes, mais aussi de nouvelles activités. Vous accéderez par exemple à un entrepôt qui propose un gameplay plus proche d’un jeu de plateforme. Il faut éviter des obstacles, traverser le plus rapidement possible certaines zones pour obtenir des avantages et finalement affronter le PDG de l’entrepôt. Le jeu propose aussi un auto-battler, où vous choisissez les attaques que vous souhaitez équiper, puis vous lancez votre champion dans l’arène. Une fois le combat débuté, vous n’avez plus qu’à observer l’efficacité de votre stratégie. Au fil de vos parties vous engrangerez différentes ressources à utiliser pour débloquer des améliorations. Même si elles ne sont pas toutes à tomber par terre, l’ensemble crée une dynamique où il y a toujours quelque chose à faire, un objectif à atteindre, ou une activité inédite à essayer. Stick It to the Stickman se renouvèle efficacement et peut aussi compter sur un mode coopératif, en local ou en ligne, ainsi que sur l’intégration du Steam Workshop pour prolonger l’expérience. Cerise sur le CEO, le titre est parfaitement compatible avec le Steam Deck
Le style visuel est simple mais terriblement efficace. Il sert parfaitement le ton humoristique du jeu. Les différentes attaques apportent énormément de dynamisme aux combats et permettent de créer des situations aussi spectaculaires qu’hilarantes. Il faut toutefois accepter l’aspect chaotique de l’expérience pour réellement l’apprécier.
Stick It to the Stickman mélange les activités pour éviter l’ennui, tout en se concentrant sur un plaisir immédiat. Le jeu est simple à prendre en main pour offrir un défouloir chaotique, aussi drôle que spectaculaire. En revanche, ne vous attendez pas à un gameplay d’une grande profondeur ou parfaitement millimétré.
La bande-son sublime le concept de Stick It to the Stickman pour nous plonger dans une action intense. Les bruitages et les doublages sont très soignés et participent pleinement à l’humour général du titre, même si quelques imperfections se glissent ici est là.
Comptez entre 10 et 15 heures pour boucler Stick It to the Stickman. La progression est très bien rythmée grâce aux nombreuses activités et éléments à débloquer. Le jeu dispose d’un solide potentiel de rejouabilité grâce à son aspect roguelike, la possibilité de jouer en duo et l’accès au Steam Workshop.
Stick It to the Stickman est une excellente surprise pour tous les amateurs de jeux déjantés. Free Lives nous livre ici une satire féroce du monde de l’entreprise servie par un gameplay explosif, accessible et particulièrement amusant. Les différentes activités, saupoudrées d’éléments roguelike, fonctionnent à merveille pour servir de défouloir exubérant. L’ensemble est emballé dans un humour mordant qui apporte une vraie personnalité au titre. Ne vous attendez pas cependant à un gameplay hyper calibré et pointu. L’aspect résolument chaotique de l’expérience pourra frustrer les perfectionnistes. En revanche, si vous cherchez un jeu irrévérencieux où toutes les folies sont de mises, n’hésitez pas. D’autant plus que Stick It to the Stickman permet de partager l’aventure en duo et de profiter du Workshop, pour seulement une douzaine d’euros
+ Une satire du monde du travail très réussie
+ Un gameplay dynamique et addictif
+ De très nombreuses compétences à expérimenter
+ Jouable en coopération
+ L’intégration du Steam Workshop
+ Prix abordable
+ Compatible avec le Steam Deck