Avec Occupy Mars: The Game, Pyramid Games nous propose un jeu de survie et de construction de base qui mise sur une colonisation martienne assez concrète. Loin de la science-fiction fantasmée, le titre s’appuie sur des technologies crédibles pour mettre en avant la gestion de nombreux paramètres (énergie, oxygène, eau, pression, maintenance). La planète rouge devient ainsi en terrain de jeu exigeant, où chaque erreur se paye comptant.
Occupy Mars: The Game est sorti il y a peu de sa période d’accès anticipé et d’une manière plutôt fracassante. En effet, la sortie officielle s’est accompagnée de l’ajout d’une branche entière de recherche dédiée à la chimie. Clairement le studio aurait dû tester cette partie avant de sortir la 1.0 car de nombreux soucis d’équilibrage sont ressortis de cet ajout. Cela a fait chuter la note Steam, mais aujourd’hui les équipes de développement ont fait le nécessaire pour corriger ces soucis. Cette mésaventure est symptomatique du fonctionnement de Pyramid Games S.A., qui avance dans le développement de Occupy Mars: The Game avec plein de bonnes idées et de bonnes intentions, mais de manière assez chaotique. Le studio travaille toujours d’arrachepied pour améliorer l’expérience de jeu et les mises à jour pleuvent depuis la sortie. Mais soyez prévenus que le jeu contient encore pas mal de bugs et mets en avant une expérience exigeante sans pour autant accompagner le joueur dans la compréhension de ses mécaniques.
En clair, si vous n’êtes pas patient et indulgent vis-à-vis de certains problèmes techniques et d’une réalisation parfois en demi-teinte, alors passez tout de suite votre chemin. Subnautica et Planet Crafter proposent par exemple des expériences beaucoup plus accessibles. Pourtant, Occupy Mars: The Game a aussi beaucoup d’atouts à mettre en avant. Le titre propose une expérience assez poussée qui nous immerge efficacement dans la conquête de Mars. Vous trouverez un mode campagne et un mode bac à sable, où vous pourrez gérer la quantité de ressources à votre disposition et les incidents climatiques qui rythment la vie sur Mars. Dans les deux cas vous vous retrouverez à gérer l’installation d’une base, en solo ou à plusieurs, et devrez construire tous les éléments pour survivre. Placer des puits pour récolter de l’eau, un réseau électrique pour alimenter vos installations, des serres pour la nourriture, etc. L’approche se veut complète, réaliste et laborieuse. Il vous faudra du temps et de la patience pour développer votre base.
D’autant plus que le titre ne fait pas vraiment du bon travail pour vous apprendre les ficelles de la survie sur la planète rouge. Vous aurez à votre disposition divers outils (marteau piqueur, disqueuse, scanner, etc.) et des véhicules (moto, quad, grue, etc.) pour vous aider dans votre tâche. Cette diversité est d’autant plus plaisante qu’elle doit se mériter. Vous devrez débloquer les outils et les améliorations via l’arbre de recherche. Vous progresserez en fonction de vos actions. Miner vous donnera des points de Mécanique, installer des panneaux solaires augmentera vos capacités en Electricité, planter des tomates fera grimper votre score de Botanique, et ainsi de suite. La progression se fait ainsi de manière naturelle, mais vous demandera du temps pour avancer dans les différents arbres technologiques. Le jeu s’appuie sur un système original de « points sensibles » lors de la construction, du démantèlement et du minage.
Une colonie à faire tourner avec les moyens du bord
Par exemple, lorsque vous miner un rocher des petits points apparaissent pour symboliser les failles de la roche. Si vous vous concentrez sur ces points vous casserez plus vite la roche. De même quand vous construisez une structure, des points apparaissent pour accélérer la construction si vous les visez. Un système bienvenu, qui nous implique davantage dans ces tâches rébarbatives. Les débuts ne sont pas faciles. On explore, on mine, on fabrique des ressources, on construit sa base, étape par étape pour assurer sa survie. Il faut aussi savoir profiter des bases abandonnées par-ci par-là pour les piller et obtenir des ressources facilement. Nos progrès sont d’autant plus jouissifs que le jeu est exigeant et ne nous prend pas par la main. Occupy Mars: The Game demande un investissement en temps non négligeable mais procure une réelle satisfaction une fois le jeu maitrisé. Notamment via les divers outils qu’il met à notre disposition. Mais encore faut-il être prêt à subir certaines problématiques. Typiquement vos appareils se détériorent et tombent en panne, ce qui ralentit la progression et force à réparer régulièrement notre matériel.
Une dose de réalisme bienvenue pour certains, ou inutilement contraignante pour d’autres, à vous de choisir. Quand tout s’enchaîne bien, c’est extrêmement satisfaisant, mais quand les pannes s’accumulent, cela peut vite tourner à la corvée. Là encore les soucis l’ergonomie et de lisibilité du titre n’aident pas. La grande force du jeu, c’est son goût pour le concret. Ici, on ne crée pas juste un bâtiment, on pose l’alimentation électrique, le câblage, les accès et les stations de travail. Une sortie éloignée en rover peut se transformer en situation critique si un composant lâche, si l’on a sous-estimé la consommation d’oxygène, ou si la météo se dégrade. On passe donc beaucoup de temps à se préparer pour anticiper les mauvaises surprises : charger des batteries, emporter des pièces de rechange, prévoir un itinéraire et marquer des points d’intérêt. Cela apporte un rythme réaliste au jeu, mais assez inégal. Certaines phases d’optimisation sont passionnantes, tandis que d’autres nous imposent de répéter inlassablement les mêmes gestes (réparer, recharger, miner, etc.).
Visuellement, la planète rouge profite d’un rendu réussi : reliefs arides, étendues ocre et ciel chargé de poussière composent un décor crédible, qui sert parfaitement l’idée d’isolement. Idem pour les installations et les véhicules qui se révèlent soignés et s’intègrent bien à l’ensemble. La direction artistique n’est pas celle d’une grosse production, mais s’en sort bien, si on excepte les visages des personnages et leurs yeux exorbités. L’ambiance sonore participe beaucoup à l’immersion, entre le souffle de la combinaison, les moteurs du rover, les alarmes et les claquements métalliques dans les ateliers. Donc si vous êtes capable de surmonter les bugs toujours présents et l’aspect laborieux du titre, qui mise tout sur une expérience complète et exigeante, alors vous pourrez vous immerger totalement dans la conquête de la planète rouge. Côté rejouabilité, vous pourrez tenter différentes approches en mode bac à sable, en réglant la difficulté et en choisissant divers points d’atterrissage pour démarrer votre aventure, ce qui changera vos conditions de départ.
Occupy Mars propose une direction artistique cohérente et une planète crédible, au service de l’immersion. Les panoramas martiens, les dômes et les véhicules font plaisir à voir, même si l’ensemble manque de finition pour rivaliser avec les gros budgets, notamment au niveau des visages.
Le cœur du jeu réside dans une colonisation « réaliste » : exploration en rover, extraction, fabrication, réseaux d’énergie à construire, avec aussi de la survie et de la maintenance. Quand tout s’emboîte, la satisfaction est énorme, mais l’expérience peut devenir redondante et la courbe d’apprentissage demande beaucoup patience. Surtout que les bugs, le manque d’accompagnement du joueur et quelques soucis d’équilibrage n’aident pas. Heureusement, les équipes de Pyramid Games S.A. travaillent durent pour améliorer l’expérience.
La bande-son reste assez discrète, mais l’habillage sonore est efficace. L’ambiance sonne juste, avec les alarmes, le bruit des machines, la pressurisation des sas, ou encore le grondement des tempêtes. Sans être inoubliable, l’ensemble fonctionne bien et nous plonge habilement dans cette aventure de survie exigeante.
Avec sa structure bac à sable, ses objectifs de progression et l’expansion graduelle de la colonie, le jeu de Pyramid Games S.A. peut vous occuper de très longues heures, surtout si vous aimez l’optimisation et si vous êtes prêt à pardonner les divers écueils du titre. Le contenu se révèle généreux et peut être partagé, si vous souhaitez vivre l’aventure en multi plutôt qu’en solo.
Occupy Mars: The Game est une expérience de survie et de construction qui mise avant tout sur la crédibilité de son gameplay et de son environnement. Explorer Mars en rover, mettre en place une infrastructure viable et sécuriser ses ressources procure une vraie satisfaction, d’autant plus que les pannes et les imprévus apportent un vrai challenge à notre aventure. Le titre séduit par son approche et son ambiance à la « Seul sur Mars », mais il demande de la patience. L’optimisation et la maintenance prennent une grande place, et une routine laborieuse est nécessaire pour progresser. Il faudra aussi se montrer indulgent, vis-à-vis de bugs et d’une prise en main pas franchement évidente. Le studio Pyramid Games S.A. continue de travailler pour corriger tout ça, avec une grande implication, mais la route est encore longue. Si vous cherchez un jeu type bac à sable exigeant, où la progression se gagne à force de planification, de réparation et d’ingéniosité, alors vous trouverez avec Occupy Mars: The Game une expérience très prenante.