La série Disciples revient dans un nouveau volet intitulé Domination. Suite directe de Libération, cet épisode reprend les même ingrédients et prolonge l’aventure d’Avyanna. Mélange de RPG et de stratégie au tour par tour, Domination apporte quelques nouveautés, sans chambouler les habitudes des fans.
Quinze ans après sa victoire et la libération de Nevendaar, la reine Avyanna s’est isolée dans sa forteresse. Abandonnée par ses anciens compagnons, lasse de gouverner, elle reste cloitrée et n’a plus aucun contact avec le monde extérieur. Jusqu’au jour où elle reçoit un étrange message évoquant un nouveau type de mana, qui se répand insidieusement pour corrompre Nevendaar. Ni une, ni deux, Avyanna part chercher la source de cette menace et commence par demander conseil auprès du peuple Nain, le clan des Montagnes. C’est la première bonne nouvelle, le retour d’une faction qui manquait cruellement à Libération. Elle s’ajoute à l’Empire, la Horde des Morts-Vivants, la Légion des Damnés et à l’Alliance Elfique. Après une courte introduction qui nous enseigne les ficelles du combat au tour par tour, on se retrouve dans notre forteresse avec la possibilité de créer notre armée en piochant dans les diverses factions. Cette liberté est très appréciable, puisqu’elle permet de mixer librement les 5 factions présentes. Des synergies nous incitent à éviter les armées trop hétéroclites mais le choix nous appartient.
D’autres limites cadrent la composition de notre armée : le nombre maximum de héros est limité, comme le nombre de troupes, qui dépend de notre niveau de commandement. De plus vous aurez une arrière-garde gérer, mais qui ne dépassera pas 3 unités. Chaque faction a son héros, que vous découvrirez au fil de l’aventure et qui accordera un avantage passif à Avyanna. Sur le champ de bataille ces unités se révèlent très puissantes et complètent parfaitement le reste de notre armée. Chaque unité dispose de deux compétences actives, une passive et un atout d’arrière-garde. Par exemple, la prêtresse possède comme capacités actives un sort d’attaque à distance et un sort de soin. Son passif lui permet de créer une zone autour d’elle pour booster le moral des alliés. Si vous la placez en arrière-garde elle soignera automatiquement à chaque tour l’unité ayant le moins de point de vie. Vous devrez aussi jongler avec les points d’action de vos soldats, qui en possèdent généralement deux. Il peut s’agir de point d’action bleu, pour se déplacer, rouge, pour attaquer, ou orange, pour faire l’un ou l’autre, au choix.
La plupart des unités de corps-à-corps ont une action rouge et une orange, pour attaquer et se déplacer, ou attaquer deux fois. Tandis que les unités d’attaque à distance ont plutôt du bleu et du rouge. Vous pouvez faire vos actions dans l’ordre de votre choix et si vous passez le tour d’une unité elle pourra se soigner et obtenir des bonus en fonction du nombre de points d’action qui lui reste. Un système simple et efficace, qui donne de l’intérêt à chaque action, même quand il s’agit d’attendre. Le jeu s’appuie aussi sur un système d’états (enflammé, aveuglé, affaibli, etc.) qui peut amener à des synergies particulières. Enfin, une attention particulière a été apportée à des attaques capables de pousser ou tirer les ennemis. Vous pourrez ainsi générer des collisions avec d’autres unités, ou profiter du terrain pour envoyer vos ennemis dans une zone difficile ou dans un piège. Certaines unités peuvent aussi provoquer leurs adversaires pour les inciter à foncer tête baissée dans la mêlée.
Une reine qui n’a pas froid aux yeux !
Comme dit plus haut, le terrain a aussi son importance, avec des zones infranchissables, ou défavorisant les unités qui s’y trouvent, qui les endommagent, voire au contraire leur accordent des bonus. Bien gérer son positionnement peut faire une grosse différence, surtout quand aux niveaux de difficulté les plus élevés. Avyanna dispose aussi de sorts pour faire pencher la balance. Vous devrez tout d’abord choisir un des 4 archétypes disponibles : Maître de Guerre, Souveraine Primordiale, Régente Sacrée, Reine Sorcière. Le premier s’oriente sur le corps-à-corps, le second se spécialise dans la magie primale et les attaques pour repousser/attirer les ennemis, le troisième offre des attaques à distance et du soin, tandis que le dernier se focalise sur les malédictions. Chaque rôle est associé à des attaques, une liste de sorts et un arbre d’évolution spécifique avec deux branches distinctes. Vous pourrez donc varier les approches selon vos préférences. Avyanna peut aussi accéder à de l’équipement (arme, armure, amulette, etc.) pour augmenter ses statistiques. Les autres héros peuvent faire de même, mais hélas de manière bien moins poussée.
Disciples: Domination ne réinvente pas la roue, mais propose un aspect tactique solide et en même temps accessible. Le jeu ajoute à cela une partie liée à la gestion de notre empire. Car Avyanna a unit Nevendaar dans le précédent volet, maintenant il s’agit de s’occuper des doléances de notre peuple. Vous allez recevoir régulièrement des demandes de la part d’émissaires provenant des différentes factions. Il peut s’agir d’un besoin de protection, de favoriser des échanges commerciaux entre deux peuples, de lutter contre des faux prophètes, etc. Vous aurez plusieurs réponses proposées et vous devrez vous arranger pour faire du mieux possible avec vos moyens. Car certaines solutions demandent des ressources (or, fer, bois, etc.) ce qui nous amène parfois à des choix délicats. Trop négliger une faction entachera nos relations, ce qui nous empêchera de gagner sa confiance et d’obtenir les bonus qui lui sont liés. Cette partie apporte un vent frais à la série sans alourdir le gameplay. Mais ne vous attendez pas à plonger au cœur d’une politique aux multiples facettes. Comme pour l’aspect tactique, la gestion de royaume reste simple et efficace.
Coté histoire, le jeu étant une suite directe de Liberation vous allez retrouver d’anciens personnages et si vous êtes nouveaux dans la licence vous risquez d’être perdu. Rien de très grave dans l’absolu, on peut facilement raccrocher les wagons, mais avoir joué au précédent volet est clairement en avantage en termes d’immersion. L’écriture est loin de l’ambiance « Dark Fantasy mature » annoncée. Les dialogues sont plus proches de ceux d’une bande de compagnons partis à l’aventure que d’un groupe de héros tourmentés par une triste destinée. L’ensemble se suit avec plaisir sans être inoubliable. Domination propose plusieurs niveaux de difficulté pour un défi bien dosé et se joue aussi bien à la manette qu’au combo clavier/souris (même si réassigner les touches est un vrai calvaire). La réalisation se révèle plutôt soignée pour un jeu de ce budget. Ne vous attendez pas à une claque visuelle, mais Domination a du cachet. On retient surtout le doublage en français qui fait plaisir à entendre, même si certains doublages ne sont pas vraiment dans le ton. Le plus gros défaut du titre reste son prix, trop cher pour un jeu qui recycle une formule sans vraiment la pousser plus loin.
La direction artistique d’inspiration Dark Fantasy fait mouche, avec une identité propre, efficace, sans faire d’étincelles. L’ensemble est lisible en combat, mais certains éléments manquent de finesse. On aurait aimé davantage d’effets visuels marquants pour renforcer le côté épique des combats.
Le gameplay s’inscrit dans la continuité du précédent volet, avec l’ajout de la gestion du royaume. Domination ne pousse jamais très loin ses expériences de jeu, mais le mélange fonctionne bien. Il en résulte un jeu de stratégie qui ne révolutionne pas le genre mais qui se révèle accessible et efficace.
L’ambiance sonore soutient efficacement l’ambiance du jeu, avec des musiques bien choisies, des bruitages satisfaisants, et une atmosphère globale qui renforce la tension des combats. On apprécie également le doublage en français qui renforce l’immersion et nous plonge au cœur des aventures d’Avyanna.
La durée de vie dépendra beaucoup de votre façon de jouer. L’aventure en elle-même peut se boucler en une bonne trentaine d’heure, mais si vous comptez terminer toutes les quêtes secondaires, y compris celles des compagnons, alors partez plutôt pour 50 heures de jeu. La rejouabilité est plutôt bonne, puisque vous pourrez tester différentes approches en recommençant la campagne, mais l’aspect très répétitif du gameplay ne motive pas à revisiter Nevendaar. On regrette qu’aucun mode escarmouche ne soit présent pour tester certaines compositions d’armée.
Disciples: Domination propose une expérience tactique solide, avec un large éventail de factions et d’unités, une partie exploration et en prime un royaume à administrer. Tout s’imbrique bien pour une expérience de jeu très plaisante, accompagnée de visuels soignés et d’une interface qui tient la route. L’histoire, à défaut d’être franchement originale, s’appuie intelligemment sur les éléments du précédent volet pour séduire les fans. Mais quand on y regarde de près, ce nouvel épisode se contente majoritairement de recycler les idées du précédent volet, en ajoutant quelques nouveautés mais sans vraiment pousser la formule, ou renouveler en profondeur l’expérience. Domination en tant que tel est un bon jeu, mais en mettant les choses en perspective il peut sembler trop cher au vu du manque d’évolutions fortes. En clair, si vous voulez la même formule qu’avant, en mieux, alors vous serez servi. Mais si vous recherchez une vraie refonte du système, un véritable virage pour la franchise, vous pouvez oublier Domination sans regret.