Avec The 9th Charnel, le studio "Saikat Deb" ambitionnait de proposer une expérience horrifique psychologique atypique, mêlant exploration, narration cryptique et atmosphère malsaine. Sur le papier, l’idée avait de quoi intriguer : un univers sombre, presque abstrait, un récit volontairement obscur et une progression basée davantage sur le malaise que sur l’action. Disponible sur PC via Steam, le jeu est pourtant accueilli par une majorité de retours négatifs, et après analyse, ces critiques sont malheureusement largement justifiées.
The 9th Charnel affiche clairement ses intentions : désorienter le joueur ! En soi, ce n’est pas un défaut. De nombreux jeux d’horreur psychologique ont bâti leur identité sur la confusion et l’inconfort. Le problème ici, c’est que cette désorientation ne semble jamais réellement maîtrisée. Le jeu peine à poser un cadre clair, que ce soit sur le plan narratif ou ludique, donnant rapidement l’impression d’un projet inachevé ou mal structuré. Visuellement, The 9th Charnel propose une direction artistique sombre, parfois "dérangeante", avec des environnements volontairement dépouillés et des textures sales, presque organiques. Certains décors réussissent à instaurer une tension palpable, notamment grâce à un usage appuyé de l’obscurité et de l’éclairage minimaliste. On sent une volonté de créer un univers oppressant, inspiré par l’horreur psychologique indépendante. Cependant, cette ambiance souffre rapidement de répétitivité. Les environnements manquent de variété et finissent par se confondre les uns avec les autres. L’absence de repères visuels clairs transforme l’exploration en "errance confuse" plutôt qu’en véritable "expérience anxiogène". Là où le malaise devrait monter crescendo, il laisse place à une forme de lassitude.
Un gameplay quasi inexistant
C’est sans doute sur le plan du gameplay que The 9th Charnel montre le plus ses limites. Les interactions sont extrêmement pauvres : marcher, observer, déclencher occasionnellement un événement scripté. Les mécaniques de jeu sont si réduites qu’il devient difficile de parler de véritable "gameplay". L’exploration manque d’enjeux, les énigmes sont soit trop obscures, soit inexistantes, et le joueur n’est que rarement sollicité de manière active. Cette pauvreté ludique pourrait être compensée par une narration forte ou une mise en scène remarquable, mais ce n’est malheureusement pas le cas ici. Le jeu donne souvent l’impression de vouloir être "interprétatif" et profond sans fournir les éléments nécessaires pour que le joueur s’implique réellement. Le flou artistique finit par ressembler davantage à un manque de contenu qu’à un choix assumé. Côté récit, The 9th Charnel se veut volontairement énigmatique, fragmenté et symbolique. Notes éparses, séquences abstraites, messages volontairement ambigus : tout est fait pour laisser le joueur "interpréter l’histoire". Si certains amateurs du genre apprécieront cette approche, le jeu pousse le curseur trop loin. À force de ne rien expliquer, il devient difficile de s’attacher à l’univers ou de comprendre les enjeux. Pire encore, certaines séquences semblent dénuées de toute cohérence, donnant le sentiment que le jeu improvise plus qu’il ne raconte une histoire construite. Le résultat est une narration confuse, qui peine à marquer durablement et laisse le joueur sur sa faim.
Sur le plan technique, The 9th Charnel cumule les problèmes. Bugs visuels, animations rigides, collisions approximatives et performances instables sont régulièrement pointés du doigt par les joueurs. L’optimisation laisse clairement à désirer, même sur des configurations correctes, ce qui nuit encore davantage à l’immersion. L’interface est minimaliste, parfois trop, et manque de lisibilité. Certaines actions manquent de retours clairs, laissant le joueur dans l’incertitude quant à ce qu’il est censé faire ou à ce qui a réellement été déclenché. Au final, The 9th Charnel donne l’impression d’un projet avec de "bonnes intentions", mais qui n’a pas réussi à transformer ses idées en une expérience cohérente et aboutie. L’ambiance, bien que prometteuse par moments, ne suffit pas à compenser un gameplay quasi absent, une narration confuse et une réalisation technique fragile. Les retours majoritairement négatifs sur Steam ne sont donc pas exagérés. Le jeu s’adresse à une niche très précise de joueurs, prêts à accepter une expérience lente, obscure et "imparfaite". Pour le reste du public, la frustration risque de prendre le pas sur la curiosité.
The 9th Charnel bénéficie d’une direction artistique intéressante mais plombée par une grande répétitivité et des défauts techniques notables. En 2026, le bilan n’est pas à la hauteur de nos attentes.
Interactions limitées, mécaniques quasi inexistantes et exploration sans réel enjeu, la recette est clairement minimaliste et décevante. Toute semble fait pour ne pas donner envie au joueur de s’immerger dans cet univers. Un comble !
L’ambiance sonore est elle plutôt correcte, et même parfois efficace. Reste que le résultat est trop discrèt pour réellement marquer les esprits. Là encore, le projet nécessiait d’être encore afiné pour une expérience à la hauteur de nos attentes.
Attendez-vous à une courte expérience, sans véritable incitation à la rejouer une fois terminée. Certes le prix est limité, mais entre le gameplay et les quelques heures pour en venir à bout, The 9th Charnel ne sera pas en phase avec les joueurs un minimum exigeants.
The 9th Charnel est un jeu qui illustre parfaitement les dérives possibles de l’horreur “conceptuelle”. À force de vouloir être mystérieux et dérangeant, il en oublie les bases : proposer une expérience ludique engageante et structurée. Malgré quelques fulgurances artistiques, le titre peine à justifier son existence face à une concurrence indépendante bien plus inspirée et maîtrisée. Un jeu qui aurait sans doute gagné à être plus cadré, plus court… ou simplement plus abouti. Dommage !