Smallthing Studios et ININ Games remettent au goût du jour l’un des sorciers les plus sarcastiques du jeu vidéo avec Simon the Sorcerer Origins, un préquel racontant les (més)aventures de Simon avant le premier opus culte des années 90. Le titre mise sur un style graphique entièrement dessiné à la main, des énigmes classiques de point‑and‑click et le retour des voix originelles de la série pour une expérience à la fois nostalgique et accessible aux nouveaux venus.
L’histoire nous propulse quelques semaines avant le premier jeu : Simon, en pleine adolescence mais toujours aussi insolent, est un peu paumé à cause de son déménagement. Alors qu’il prend ses marques dans sa nouvelle demeure, il se retrouve aspiré dans un monde magique où une prophétie le désigne comme « l’élu » et doit retrouver les grimoires du Premier Sorcier pour rentrer chez lui. Simon ne se laisse pas abattre et part vers l’Académie Magique, bien décidé à obtenir une piste sur les grimoires. Heureusement pour notre héros, il a reçu un chapeau magique où il peut ranger tous les objets qu’il trouve utiles. Le ton est résolument british, avec un humour caustique, qui casse sans cesse le quatrième mur, et nous sert des personnages hauts en couleur. Visuellement, ce nouveau volet abandonne le pixel art d’époque au profit d’un rendu 2D « dessiné à la main » très réussi, entre aquarelle et cartoon, qui met en valeur des décors foisonnants et des animations soignées. Le jeu propose aussi un mode graphique rétro, à choisir au lancement, pour mieux coller aux préférences des joueurs et plonger sans retenu dans la nostalgie. Côté enrobage sonore, la bande‑son originale de Mason Fischer installe une ambiance chaleureuse, parfois épique, tandis que Chris Barrie (voix anglaise) et Erik Borner (voix allemande) reprennent leur rôle principal, ce qui renforce l’authenticité du projet. Si le jeu est intégralement traduit en français on regrette quand même qu’aucun doublage FR ne soit proposé. Ce nouveau volet est une vraie réussite en termes de réalisation et nous embarque avec brio dans son univers loufoque.
Un classique modernisé !
Simon the Sorcerer Origins s’appuie sur des mécaniques classiques de point‑and‑click : exploration, collecte d’objets, dialogues à choix multiples et combinaisons d’objets. Il est possible de se déplacer librement dans les décors et d’interagir avec beaucoup d’éléments, que l’on peut mettre en évidence d’un simple clic. Le titre peut se jouer au clavier/souris ou à la manette, même si dans ce cas la prise en main est plus délicate. En avançant dans l’aventure on débloque des points de téléportation qui facilitent les nombreux allers-retours entre les zones. Car notre progression nous oblige régulièrement à revisiter des lieux antérieurs pour les explorer sous un œil neuf et dénicher un chemin ou un dialogue inédit. Les environnements sont variés, avec des rencontres savoureuses, ce qui renforce l’envie de parcourir les moindres recoins. Les puzzles oscillent entre logique et observation, même s’ils se révèlent à quelques occasions un peu tirés par les cheveux. Il est regrettable que le jeu ne propose aucun système d’indices pour faciliter la progression. Ce système d’aide, que d’autres jeux intègrent habilement, fera cruellement défaut aux moins aguerris, ce qui peut être un frein non négligeable. Il faudra donc faire preuve de méthode, de déduction et discuter avec tous les personnages régulièrement pour voir si une nouvelle option ne s’est pas débloquée. Mais globalement la difficulté est suffisamment bien dosée pour que le charme l’emporte sur la frustration.
Le style dessiné fonctionne à merveille, des arrière‑plans aux personnages, et l’animation donne vie à chaque scène. Le choix d’un mode graphique à l’ancienne plaira aux amoureux de jeux retro.
Classique mais modernisé, le gameplay reste fidèle à l’essence du point‑and‑click tout en intégrant des contrôles plus contemporains, même si l’ergonomie des commandes à la manette n’est pas des plus pratiques. On regrette surtout l’absence de système d’indices pour fluidifier la progression.
Une OST réussie et des voix de qualité (avec Chris Barrie en tête) nous immergent complétement dans cet univers de fantaisie loufoque. La bande‑son accompagne bien notre aventure sans jamais se faire trop envahissante.
Comptez entre 5 et 10 heures en moyenne pour finir le jeu, en fonction de votre appétence pour le genre et de votre envie d’explorer les moindres recoins. La narration est efficace, nous poussant toujours à continuer. Seules quelques énigmes trop farfelues viennent refroidir nos ardeurs.
Simon the Sorcerer Origins parvient à ressusciter la saga avec panache ! Le jeu s’appuie sur une direction artistique charmante, un humour fidèle à la licence, et un gameplay qui renoue avec l’esprit d’antan tout en se modernisant. Les amateurs d’énigmes y trouveront leur compte, comme les fans des années 90 qui seront ravis du retour de Simon. Reste que l’absence d’indices intégrés peut freiner les joueurs moins patients. Malgré ces bémols, l’ensemble demeure un très beau cadeau pour les amoureux du genre.