Après avoir rencontré un joli succès auprès des amateurs de jeux indépendants avec Dungreed, le studio sud-coréen TEAM HORAY revient avec Sephiria, un action-RPG roguelike en vue du dessus. Cette nouvelle aventure nous place dans la peau d’un petit lapin déterminé à sauver Bunnyville, un village condamné à être détruit par une armée de démons. Pour modifier ce destin funeste, notre héros devra s’enfoncer dans une mystérieuse tour, affronter des hordes de créatures et exploiter au mieux les nombreux artefacts...
L’histoire de Sephiria débute lors du Jour du Destin, une date censée célébrer la prospérité de Bunnyville. Mais les réjouissances tournent rapidement à la catastrophe lorsqu’un funeste présage apparait à notre héros. Lors de la cérémonie il se retrouve propulsé dans une vision annonçant le massacre imminent des habitants. Refusant d’accepter cette destinée, notre courageux lapin décide de descendre dans les profondeurs de la tour, afin d’identifier l’origine de la menace et d’empêcher la destruction de son village. Nous apprendrons assez vite que nos visions proviennent de l’arbre sacré qui pousse non loin de là. Cet esprit gardien veut aussi protéger les villageois et nous aidera à devenir plus fort pour changer l’avenir. Le scénario reste relativement classique et sert essentiellement de fil conducteur pour enchainer les runs, rencontrer de nouveaux protagonistes et débloquer de nouvelles possibilités. La boucle de gameplay est parfaitement rodée et chaque échec nous ramène à Bunnyville avec davantage de connaissance et de possibilités d’évolution. Ce sera l’occasion par exemple d’améliorer les caractéristiques de notre héros, débloquer des armes, des artefacts inédits ou encore de nouveaux costumes.
Visuellement, Sephiria adopte une approche pixel art colorée particulièrement attachante. Les différents chapitres proposent des environnements très variés afin de matérialiser la progression dans la tour. C’est simple et efficace, tout en restant parfaitement lisible. Un très bon point car les combats sont nerveux. Les ennemis peuvent vous foncer dessus ou vous attaquer avec des projectiles, certains ont des armures, tandis que les décors recèlent aussi leur part de danger. Il faut donc analyser rapidement la situation, ce que permet Sephiria grâce à sa direction artistique soignée et ses excellentes animations. Chaque personnage n’est défini qu’avec une poignée de pixels, mais reste facilement identifiable. Le contraste entre les adorables habitants de Bunnyville et les créatures démoniaques qui envahissent la tour donne une vraie personnalité à l’univers. Cette direction artistique charmante brille notamment au niveau des attaques spéciales et de leurs animations, appuyées par des effets sonores impeccables. Qu’il s’agisse d’une boule de feu, d’une rafale d’électricité, d’un tir de laser ou d’une lance de glace, chaque attaque sonne juste. Sephiria est un vrai régal pour les yeux comme pour les oreilles.
Un gameplay riche et subtile
Côté gameplay, Sephiria reprend les bases traditionnelles de l’action roguelike en vue du dessus. Notre lapin peut attaquer, esquiver et utiliser différentes capacités spéciales dépendant de l’arme choisie et du build. Les déplacements sont rapides et les commandes suffisamment réactives pour se sortir des situations les plus dangereuses. L’esquive joue un rôle central, notamment face aux boss, dont il faut apprendre les mouvements et les différentes zones d’attaque. Foncer dans le tas fonctionne pendant les premières salles, mais les chapitres avancés obligent rapidement à observer les adversaires et à trouver le bon moment pour passer à l’offensive. Sur ces solides fondations le titre ajoute de multiples options et éléments de gameplay pour offrir une variété de build impressionnante. Le jeu propose six armes possédant chacune son propre style et plus de cinquante améliorations à débloquer. Cette diversité permet de modifier sensiblement les sensations d’une partie à l’autre. Certaines armes favorisent le combat rapproché et la prise de risque, tandis que d’autres permettent de miser sur les projectiles, les effets élémentaires magiques ou les invocations.
Par exemple, choisir la combinaison épée avec bouclier permet de se protéger et de faire des contres, mais d’un autre côté l’épée à deux mains dispose d’une excellente allonge et d’une grande puissance. Opter pour une arme est loin d’être anodin, tout en ne représentant qu’une petite partie du système de création de build. Les costumes peuvent aussi changer radicalement le gameplay, voire l’apparence de notre personnage, pour le transformer potentiellement en écureuil ou en squelette. Mais la véritable originalité de Sephiria réside dans son système d’inventaire. Les artefacts récupérés pendant une run ne sont pas simplement ajoutés à une liste. Ils doivent être placés dans l’inventaire, qui est symbolisé par une grille. Là où le jeu fait fort c’est qu’il propose de combiner astucieusement les artefacts à des tablettes, qui sont des objets spéciaux ayant des effets positifs ou négatifs sur les cases alentours. La position de chaque élément devient donc aussi importante que les caractéristiques elles-mêmes. Un artefact modeste peut devenir un élément central d’un build s’il est correctement associé aux objets voisins. Gérer son inventaire dans Sephiria offre une réelle dimension stratégique.
L’une des grandes forces du jeu réside dans la liberté offerte lors de la construction des builds. Les améliorations d’armes, les artefacts, les tablettes, les talents et les effets élémentaires peuvent se combiner pour produire des résultats parfois spectaculaires. On peut miser sur de puissants projectiles, des invocations, un maximum de vitesse de déplacement et d’attaque, une résistance à toute épreuve, etc. Rapidement vous débloquerez une fontaine à souhait et un stand de brochettes qui permettent de commencer la partie avec un artefact et d’orienter les objets trouvés durant une run pour faciliter la construction d’un build précis. Une mécanique très appréciable pour limiter l’aléatoire quand on souhaite se concentrer sur une approche en particulier. Cerise sur le gâteau, Sephiria peut également être parcouru en coopération en ligne jusqu’à quatre joueurs. Les participants peuvent échanger des objets et réanimer leurs compagnons tombés au combat. À plusieurs, les affrontements deviennent encore plus mouvementés et jouissifs. Les joueurs peuvent élaborer des stratégies poussées et miser sur la complémentarité de leurs spécialisations. Cette coopération prolonge considérablement l’intérêt, même si l’accumulation des attaques et des effets visuels nuit parfois à la lisibilité.
Quoique très simple, la direction artistique en pixel art est particulièrement attachante. Les différents personnages anthropomorphes profitent d’un rendu soigné, tandis que les effets visuels apportent ce qu’il faut d’intensité aux combats. Les décors sont variés et s’intègrent efficacement à notre exploration de la tour, pour des ambiances bien marquées.
La prise en main est immédiate, les commandes sont précises et les combats particulièrement nerveux. Les six armes, les nombreuses améliorations et les multiples artefacts offrent une excellente variété de builds. Le système d’inventaire constitue sans doute la grande réussite de Sephiria. Le placement des objets et des tablettes transforme la simple gestion de son sac en véritable moments de réflexion pour exploiter au mieux les différentes synergies.
La musique accompagne efficacement les différents chapitres et accélère naturellement le rythme pendant les affrontements les plus intenses. Les bruitages ne sont pas en reste et mettent bien en valeur les attaques pour les rendre percutantes et clairement identifiables. Une bande-son solide qui remplit très bien son office.
Avec six chapitres, plus de soixante types d’ennemis, une dizaine de boss, six armes et un grand nombre d’améliorations à débloquer, Sephiria propose un contenu généreux. Vous pourrez parvenir au bout de l’aventure en une vingtaine d’heure, mais l’expérience ne s’arrête pas là pour autant. La recherche de nouvelles synergies et la coopération jusqu’à quatre joueurs donnent de bonnes raisons de relancer une partie.
Sephiria maîtrise remarquablement bien les fondamentaux du roguelike d’action et sait injecter ses propres idées pour fournir une expérience originale et très aboutie. Les combats sont rapides, précis et suffisamment exigeants pour maintenir une tension constante. Les différentes armes et bonus permettent de varier les approches, tandis que la gestion de l’inventaire, avec le positionnement des artefacts et des tablettes, nous pousse à prendre des décisions stratégiques. L’ensemble de ces mécaniques se mélangent efficacement pour apporter une profondeur rare à la construction des builds et distinguent réellement Sephiria des nombreux autres roguelikes disponibles. Cette richesse donne constamment envie de relancer une partie, comme la possibilité de partager l’aventure avec trois autres joueurs. Une excellente surprise qui mérite largement sa place aux côtés des références indépendantes du genre.
+ Un pixel art coloré et attachant
+ Des combats rapides et précis
+ Un excellent système d’inventaire
+ Des synergies nombreuses et gratifiantes
+ Six armes aux styles différents
+ Une progression généreuse
+ La coopération en ligne jusqu’à 4 joueurs