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"Asgard’s Fall — Viking Survivors ne bouleverse pas les fondations du survivors-like, mais il les exploite avec intelligence. Les combats restent simples à prendre en main, tout en exigeant suffisamment de mobilité pour nous impliquer à chaque instant."
Geek4Life
TEST : Asgard’s Fall :
Viking Survivors

Le studio indépendant allemand Soulpotion s’attaque aux dieux nordiques avec Asgard’s Fall — Viking Survivors, un Vampire Survivors-like. Derrière ses hordes de monstres et ses déluges d’effets se cache un jeu plus subtil qu’il n’y parait, dans lequel la construction du personnage demande autant d’attention que les affrontements.

L’histoire de Asgard’s Fall ne sert que de prétexte pour se lancer dans l’aventure. Les guerriers mortels ont décidé de défier les divinités nordiques et de faire tomber Asgard. Le joueur choisit son héros avant de partir affronter les hordes et les dirigeants des Neuf Royaumes. La narration reste au second plan, mais le jeu s’appuie efficacement sur les figures, les lieux et les créatures de la mythologie scandinave pour justifier son nom. Visuellement, le jeu adopte un style pixel art très simple et assez lisible. Les adversaires manquent parfois de détails lorsqu’ils sont observés isolément, mais leur nombre et la diversité de leurs comportements compensent largement cette relative sobriété. Les environnements représentant les différents royaumes de la cosmogonie nordique ne se contentent pas de modifier la couleur du sol. Chaque niveau introduit de nouvelles créatures et donnent à la progression l’allure d’un voyage à travers une mythologie revisitée. Les effets visuels prennent rapidement beaucoup de place à l’écran. Éclairs, projectiles, explosions, invocations et armes tournoyantes saturent progressivement le champ de vision, jusqu’à transformer les affrontements en gigantesque feux d’artifice. L’ensemble conserve une certaine lisibilité grâce aux contours marqués des personnages et aux couleurs vives des attaques, même si les dernières minutes des parties deviennent inévitablement plus confuses. Difficile parfois de distinguer un projectile dangereux au milieu d’une dizaine d’effets déclenchés simultanément.



Côté gameplay, Asgard’s Fall reprend les fondations traditionnelles du genre. Il faut se déplacer au milieu de vagues incessantes de créatures, récupérer de l’expérience laissée au sol par les ennemis et sélectionner régulièrement une nouvelle capacité ou une amélioration. Les attaques principales sont automatisées pour se concentrer sur l’esquive et traverser les formations ennemies tout en évitant leurs attaques les plus dangereuses. Certains lieux sur la carte accordent des bonus ce qui nous pousse à explorer. La progression est bien rythmée et les premiers instants sont tout de suite engageants. Les ennemis arrivent rapidement et le héros ne tarde pas à obtenir ses premières capacités. Cette entrée en matière efficace évite les longues minutes d’attente parfois rencontrées dans les autres productions du genre. La difficulté augmente progressivement jusqu’à faire nous opposer de véritables murs de créatures, nous obligeant à exploiter intelligemment l’espace disponible et à conserver l’esquive pour les situations critiques. Le titre propose quatre personnages, chacun disposant de caractéristiques, d’un style de jeu et d’un arbre de compétences spécifiques. Le Guerrier privilégie une approche directe au corps à corps et offre une grande résistance. Si vous aimez plonger dans la mêlée, il est fait pour vous. À l’inverse, la Chasseresse mise davantage sur la mobilité et les attaques à distance. Elle se spécialise dans les attaques critiques, les pièges, avec aussi des flèches susceptibles de transpercer les rangs ennemis.

Le Mage est un lanceur de sorts capable d’optimiser les dégâts magiques et les altérations d’état. Il contrôle le champ de bataille en infligeant des malédictions, du poison ou des brûlures à l’aide de totems et d’effets de zone. Le Druide est le dernier venu, ajouté avec la sortie définitive. Il se connecte à la nature pour faire appel à la puissance animale qui sommeille en lui. Un personnage polyvalent, qui manque un peu de caractère, mais reste très fun à jouer. Le titre s’appuie sur une bonne variété de capacités et d’améliorations pour offrir une grande liberté dans la construction des builds. Le contenu de la version 1.0 comprend 37 capacités, avec 74 Destins de compétence pour associer deux modificateurs majeurs à une compétence. Ceci permet de métamorphoser complétement une action pour transformer par exemple un coup de marteau en onde de choc électrique. On peut ainsi spécialiser progressivement une attaque, modifier son fonctionnement ou l’intégrer efficacement à une combinaison pour maximiser les synergies. Cette variété permet de développer des personnages radicalement différents d’une partie à l’autre. Le revers de la médaille est que le jeu explique très mal ce système. La véritable originalité d’Asgard’s Fall réside dans sa Toile du Wyrd. À certains moments, le joueur obtient des Nœuds du Destin qu’il doit placer dans cette toile afin de développer les caractéristiques de son héros.

Un destin à tisser

Il existe des Nœuds de puissance, d’écho et de destin. Les Nœuds de puissance fournissent des bonus de statistiques, comme davantage de puissance ou de vitesse, une augmentation des dégâts de brulure, voire un meilleur pourcentage de coups critiques. Les Nœuds d’écho améliorent les effets des Noeuds adjacents. Quant aux Nœuds de destin, ils confèrent des capacités très puissantes, mais nécessitent d’être activés en plaçant des Nœuds à proximité. Les Nœuds existent en différentes raretés et proposent des améliorations variées. Ce système transforme la progression en petit exercice d’optimisation. L’espace disponible étant limité, il faut réfléchir à leur position pour maximiser les combinaisons. Les 36 Nœuds du Destin permettent d’orienter les builds dans des directions très spécialisées. Pourtant, une fois le plaisir de la découverte passé cette mécanique s’essouffle assez vite. Les placements finissent par devenir évidents car les interactions entre les Nœuds sont trop limitées. On se concentre alors plus sur le choix des bonus que sur le positionnement qui devient assez anecdotique. En dehors du combat vous pouvez également renforcer vos personnages grâce aux peintures de guerre. Elles représentent différentes runes qui modifient et amplifient les capacités des héros. Chacune a une forme spécifique que vous devez organiser dans un espace limité, façon Tetris. Elles peuvent être trouvées pendant les runs ou fabriquées avec les pigments récupérés sur les ennemis, ce qui donne envie d’enchainer les parties pour toutes les dénicher.



Le jeu s’appuie sur quatre types de dégâts (physique, feu, foudre et glace) avec beaucoup de synergies. Vous trouverez également un système de combo de capacités qui vous demande d’associer deux attaques précises et de les améliorer pour débloquer une attaque surpuissante. Dommage que l’interface s’avère parfois peu pratique et que le jeu manque de clarté dans les effets et les bonus proposés, malgré la traduction française. Une run dure 20 minutes, mais dès lors que vous complétez un niveau vous pouvez le refaire en mode Rapide pour descendre la durée à 10 minutes. Asgard’s Fall propose une boucle de jeu solide, plombée hélas par une méta-progression beaucoup trop lente. Avancer dans les arbres de compétences des héros prend une éternité. Les pics de difficulté n’aident pas non plus à avancer sereinement et devoir entièrement compléter un niveau pour accéder au mode Rapide peut aussi générer pas mal de frustration. Rien de réellement rédhibitoire pour les fans de Vampire Survivor-like, mais si vous souhaitez découvrir le genre Asgard’s Fall n’est sans doute pas la meilleure option. Sous certains aspects le jeu de Soulpotion semble encore en accès anticipé et mériterait une passe au niveau de l’équilibrage, ainsi qu’une amélioration de l’interface et des certaines mécaniques de jeu. Dans l’ensemble l’expérience reste très plaisante, mais souffre de la concurrence féroce qui inonde le genre.

Jean Marc Pichot
Graphismes : 12/20

La direction artistique en pixel art se veut simple et lisible pour retranscrire ces combats épiques contre des hordes inépuisables d’ennemis. Les effets deviennent spectaculaires lorsque les capacités s’accumulent, au risque de nuire à la compréhension de l’action. Les boss bénéficient d’une présentation soignée et les décors proposent des environnements variés.

Gameplay & prise en main : 14/20

La formule classique du Vampire Survivors-like est enrichie par une progression particulièrement complète mais trop lente. Les capacités, leurs transformations et surtout la Toile du Wyrd donnent une véritable profondeur à la construction des personnages, même si certains aspects restent trop superficiels à notre goût. L’interface et le manque de clarté autour des différentes mécaniques restent le principal point noir du titre.

Musique et bruitages : 13/20

Hélas, la musique n’est pas aussi rock’n roll que le promet la bande-annonce du jeu. L’ambiance sonore d’Asgard’s Fall reste bien plus sage et tranquille. Si elle nous accompagne efficacement durant notre périple nordique elle manque de poids et de présence.

Durée de vie : 16/20

Les neuf royaumes, les quatre personnages et les très nombreuses façons de construire les builds grâce aux 37 capacités, aux 74 transformations, avec en prime les peintures de guerre et la toile du Wyrd apportent beaucoup de rejouabilité au titre. En revanche la lenteur de la progression et le manque de clarté risquent de freiner les ardeurs.

Note pour ce test : 13/20

Asgard’s Fall — Viking Survivors ne bouleverse pas les fondations du survivors-like, mais il les exploite avec intelligence. Les combats restent simples à prendre en main, tout en exigeant suffisamment de mobilité pour nous impliquer à chaque instant. Comme le système de level-up, qui alterne entre attaques supplémentaires et bonus à placer dans la toile du Wyrd pour nous engager efficacement dans la progression de notre héros. Le tout est complété par un arbre de progression propre à chaque personnage, des peintures de guerre et des combos de compétences, qui apportent une belle profondeur aux builds. Cependant en creusant ces mécaniques, force est de constater que certains aspects sont sous-exploités. Avec ses neuf royaumes, ses nombreux boss et ses diverses synergies, le jeu de Soulpotion sait se montrer généreux. Une bonne expérience qui mériterait encore quelques ajustements et qui souffre surtout de la comparaison avec les ténors du genre.

+ Une ambiance nordique bien exploitée
+ 4 personnages
+ La Toile du Wyrd
+ Les combos de compétences
+ Les peintures de guerre
+ 9 royaumes et de nombreux boss à affronter

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